Catégorie : Un peu de sérieux

Des sujets un peu moins pouet-pouet-tape-moi-la-cuisse que sur le reste du blog. Je sais d’avance que ça plaira moins, mais si j’écris ce blog, c’est aussi pour moi les amis ! (Oui c’est très narcissique… mais c’est aussi, et surtout une catharsis*).

* si tu ne connais pas ce mot, je t’invite à ouvrir un dictionnaire, tu pourras ensuite l’utiliser pour briller en société et qui sait ? ça te sauvera peut-être la mise sur le plateau de « Qui veut gagner des millions ? » !

Reprendre le fil…

Comme souvent, quand je ne sais pas quoi dire, quand les mots me manquent, je me suis tue. Il y a eu tellement de brouhaha, un tourbillon d'images, un flot ininterrompu de paroles, d'infos, d'intox, de commentaires, d'avis, d'injures… Il y a eu l'horreur, puis l'élan d'une nation meurtrie en profondeur, qui se lève et qui marche. Je ne peux pas faire comme si rien ne s'était passé. Mais je n'ai pas envie d'en parler ici. Je ne peux pas faire comme si rien n'était arrivé. Mais je ne peux pas, je ne veux pas, m'arrêter de vivre. Au contraire.

Tu me connais, je suis une hypersensible. Et enceinte. Je te laisse donc imaginer l'impact des derniers événements sur mon moral, mon sommeil, mon alimen… Ah non, elle, elle va toujours bien ! Oh bah quoi, on va pas s'empêcher de rire, non plus ! Rire, c'est ce qui emmerde tant les gens qui aimeraient qu'on ne rie plus de rien. Qu'on ne danse plus. Qu'on ne chante plus. Qu'on ne joue plus. Et bien moi, je les emmerde tous autant qu'ils sont, les extrémistes, les terroristes, les je-vais-te-bouffer-ta-libertistes.

Les attentats de la semaine dernière m'ont un peu (beaucoup) coupé la chique. J'avais envie d'écrire, sur tout un tas de choses. Mais était-ce vraiment important ? Quand d'autres ont été tués pour avoir osé dénoncer des faits d'actualités qui dépeignent si bien notre société ? D'un seul coup, on se sent un peu con là, à déballer sa petite vie, à parler de purée d'épinards et de couches débordantes… Bref, l'envie m'est passée.

Et puis, j'ai réfléchi. Mais si tu te tais Delphine, si tu te plonges dans la morosité, si tu commences à rejeter ce qui te fait vibrer, ce qui te fait rire et pleurer, alors, que reste-t-il ? Ben pas grand chose, mes pauvres ! Donc me revoilà…

Je n'ai pas envie de revenir sur l'horreur, de remuer la merde, comme on dit. Les médias le font très bien sans moi. Simplement, l'horreur de la semaine passée m'a juste mis une grosse claque, qui m'a propulsée des années en arrière et fait repenser à 2 oeuvres que j'ai lues, et qui m'avaient à l'époque vraiment secouée.

La première chose à laquelle j'ai pensé quand j'ai su que l'attentat visait Charlie Hebdo, c'est cette citation extraite du Roman de la Rose, d'Umberto Ecco : "Le rire est le propre de l'Homme". C'est tellement vrai. Si on nous enlève ça, alors… alors, je sais pas moi, mais ça me fait pas envie. Et quand on connaît l'histoire du Nom de la Rose, où des religieux catholiques extrémistes (bah oui, on est à l'époque de l'Inquisition quand même, et oui, des extrémistes, y en a partout, bodel !!) tuent à tort et à travers pour éviter que justement LE livre écrit par un philosophe grec, réputé comme détenant les clefs de la sagesse soit retrouvé et exposé au grand jour, ça donne à réflechir. Autre époque, autre religion, et pourtant… Finalement, ça doit être vraiment humain de vouloir tuer l'humanité (dans le sens de caractéristique qui fait de nous des Hommes).

La deuxième oeuvre à laquelle j'ai pensé, un peu plus tard, c'est cette nouvelle de Dino Buzzati : "Pauvre Petit Garçon". Je ne vais pas m'étendre sur le sujet, parce que la chute est terrible et effroyable et si jamais il vous prenait l'envie de la lire (elle doit faire 3 pages, donc allez-y), je veux pas spoiler ! J'arrive même pas à dire ce que je ressens en lisant ce texte, ni pourquoi j'y ai pensé en de telles circonstances. Rapport au fanatisme, certainement. Et à ceux qu'on pointe du doigt comme seuls et uniques responsables des plaies qui nous accablent alors que je crois fermement en la notion de responsabilité collective. Et en tout un tas d'autres choses, qui mériteraient que j'écrive une thèse. Mais je vous avoue que j'ai grave la flemme.

Enfin, je terminerai juste ce retour sur le devant de ma scène bloguesque en vous disant que de tout le denier numéro de Charlie Hebdo, la caricature qui m'a le plus fait marrer représente Jésus sur la croix, sur une plage avec plein de touristes en train de bronzer. La légende dit "Attention aux coups de soleil", et Jésus appelle à l'aide "Euh… quelqu'un pourrait me retourner ?!". J'ai trouvé ça hilarant. Je suis catholique. Je suis Charlie.

 

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Adieu Berthe

Quelque part en Charente, milieu des années 90. Un déjeuner dans le jardin des grands-parents. "MERDE ! J'en ai encore foutu plein mes lunettes !!" Echanges de regards sidérés entre ma soeur et moi. "Haaaaan Mamouchka !!!! T'as dit merde !!"

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Le choix du roi

couronne

Ces jours-ci, c'est juste LA phrase que j'entends à gogo. Et qui me gave, je dois bien le dire. D'abord parce que si j'étais roi, je voudrais QUE des fils, bah oui, au cas où il y en ait un ou deux qui nous quittent (on est jamais trop prudent) mais aussi et surtout, parce que moi je m'en fous royalement (haha) d'avoir des filles, des garçons, que l'un ou que l'autre (ah ben non, ça c'est plus possible, y a Hibou).

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La BELLE-famille.

Là, comme ça, j'ai envie de parler famille. Je vous parle souvent d'Hibou, de Bigornelle maintenant et surtout de moi, il faut bien l'avouer ! A l'approche de Noël, je suis choquée de voir des articles dans la presse et des études qui balancent des chiffres pas très sympas sur les familles, et notamment, les belles-familles.

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Oh bah moi tu sais…

Je pense que c'est LA phrase qu'on entend le plus enceinte (et en devenant jeune parent). Tout le monde y va de son expérience perso. Parfois ça aide, parfois non. A chacun de connaître son seuil de tolérance aux anecdotes des uns et des autres. Genre, à la veille de la dernière écho, le "Oh bah moi tu sais, je connais quelqu'un à qui on a décelé une grosse malformation foetale, seulement 2 mois avant l'accouchement" ==> on dit quoi ? On dit "Ta gueule".

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Bonjour, qui êtes-vous ?

Petit Pois

Ça fait longtemps que j'ai envie de vous parler de notre première rencontre avec Bigornelle (oui parce qu'on ne sait pas encore si notre invité est un Bigorneau ou une Coccinelle donc en attendant, ce sera Bigornelle), mais je ne sais pas trop par où commencer vu comme j'en ai gros sur la patate. 

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Tu veux ou tu veux pas ?

peridurale

Si tu veux pas, tant pis ! Au départ, j'en voulais pas non plus, moi, de la péridurale ! Et puis tu vas voir pourquoi j'ai décidé d'accepter qu'on m'enfonce une paille dans le dos pour soulager ma douleur. Mais en ayant accouché sous péridurale alors que je n'en voulais pas au départ, je pense avoir un bon aperçu (mais qui m'engage que moi) de pourquoi on peut ne pas en vouloir, et de pourquoi c'est vachement bien quand même.

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Histoire de fesses

Passons sur le titre, qui une fois de plus, n'avait d'autre but que de t'attirer ici (ce qui a visiblement marché, sinon tu ne serais pas là). Alors que le débat refait surface ces derniers jours, j'avais envie d'aborder LE sujet qui fâche : la fessée. Pas celle entre adultes consentants, hein, mais celle que les parents mettent parfois à leurs enfants.

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Ça n’arrive pas qu’aux autres

visuel parcours prematurite

En l'occurrence, j'ai eu la chance que ça ne m'arrive pas à moi. Enfin, plutôt à Hibou. De quoi je parle ? De naître prématurément, n'en déplaise à ma mère, qui croit qu'arriver avec 2 semaines d'avance fait de lui un enfant arrivé un peu trop tôt.

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La gifle

Je hurle comme une folle
Qu'elle me laisse donc tranquille
Soudain, mon bras s'envole
Jusqu'à sa peau fragile
Puis je fixe en silence
Ses yeux qui s'écarquillent
Etonnés d'ma violence

Couchée dans l'corridor
Abattue comme une quille
Elle me répète à mort
Que je suis pas gentille
Et devant son petit corps
Qui se recroqueville
J'me confonds en remords
J'ai battu ma fille

Moi qui couvrais de blâme
Tous ces idiots en rogne
Qui disent aimer leur femme
Et du même coup la cognent
Je veux la consoler
Mais je reste immobile
J'ai plus l'droit d'la toucher
J'ai battu ma fille
Je voudrais qu'elle me frappe
je voudrais qu'elle se venge
Qu'elle me rende ma tape
Avec sa p'tite main d'ange
Au lieu d'voiler de larmes
Ses yeux qui me torpillent
Je suis une pauvre femme
J'ai battu ma fille.

Tout c'que j'arrive à dire
C'est: "Monte dans ta chambre
Maman va t'avertir
Quand tu pourras r'descendre"
On dirait ma vieille mère
Faut croire que c'est d'famille
Que c'est héréditaire
J'ai battu ma fille
Tout d'suite, elle m'obéit
Ma foi, je lui fais peur
J'attends qu'elle soit partie
Avant de fondre en pleurs
Je suis inconsolable
Je suis une imbécile
Je suis impardonnable
J'ai battu ma fille
Je sais pas c'qui m'a pris
ça s'est passé trop vite
C'est elle que je punis
C'est moi qui le mérite

Demain, au déjeuner
Je remplirai son bol
D'ses céréales sucrées
Celles dont elle raffole
J'y ajouterai des dattes
Pour que ses yeux pétillent
Comme avant que j'la batte
Ma fille.

J'ai battu ma fille, Lynda Lemay

Des semaines, des mois que je tergiverse, que je m'interroge. Vais-je oser en parler, vais-je réussir à regarder la honte en face et à la défier ?

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