Le 21 octobre 2016, j'ai repris le chemin du travail après… pfiouuuu après un moment sans avoir mis les pieds dans un bureau. 4 ans et demi pour être précise. Surtout, j'ai repris le travail après 2 enfants, 1 dépression et un burn-out maternel. 

Je cherche pas à jouer les mères courage ni les super héros, juste à replacer le contexte, pour que vous compreniez bien que je suis "un cas". Je suis une vraie hypersensible, voyez-vous. On vit dans le même monde, et pourtant on ne le voit pas avec les mêmes yeux. Les personnes hypersensibles ressentent leurs émotions de plein fouet, sans pouvoir mettre de distance ni prendre de recul. C'est tantôt magique et sublime, tantôt usant et difficile à vivre parce que nous n'avons pas de filtres pour relativiser.

Pourquoi je vous dis tout ça ? Je sais pas trop, mais je pense que ça joue énormément dans mon quotidien de femme, de maman, et maintenant de femme active. Quand j'ai repris le travail, je vous le dis, j'ai cru mourir. Oh coucou, hypersensibilité (biatch). Mon premier jour, je me suis assise sur ce banc, là, sous l'abribus juste en face de la porte du bureau, toute tremblante et j'ai fondu en larmes.  Impossible pour moi de renouer avec cette vie active qui m'avait fait tant souffrir, impossible pour moi de laisser mes enfants, de les abandonner. 

Le mot est fort, je sais. Mais il est à l'échelle de mon resenti. Et si j'ai finalement poussé cette porte, c'est que soit je les "abandonnais" momentanément pour bosser, soit ils finissaient en famille d'accueil vu nos galères de fric. J'avais parlé de ce sentiment à l'époque d'ailleurs, en disant que c'était, à mon sens, contre-nature de séparer une mère de ses petits

Aujourd'hui, après 5 mois de reprise, j'ai eu envie de vous donner des nouvelles, de vous dire comment je me sentais. Parce que vous avez été nombreuses, très nombreuses, à me dire que ça passerait, que la sensation qu'on m'arrachait les entrailles s'en irait avec le temps. Alors qu'en est-il ?

5 mois après, je mesure tous les jours ma chance d'avoir 1- un emploi à temps partiel, 2- un boss en OR, qui ne dit jamais non à une journée off, qui me demande des nouvelles quand j'appelle pour dire que je ne pourrais pas venir parce que les gars font une gastro ou leur 92e otite de l'hiver. 

5 mois après, je ne conçois plus ma vie sans ce travail, cette fenêtre sur l'extérieur, les gens, la vie. Parce que mon job est COOL et l'ambiance détendue. On ne perd pas de vue l'essentiel : la famille.

5 mois après, il y a des jours où je loue le Ciel de pouvoir lâcher mes enfants quelques heures pour aller me prendre le chou me reposer au travail. Car soyons honnêtes, bosser, qu'est-ce que c'est REPOSANT putain. Mentalement, j'entends. Bon en même temps, je suis pas psy, chirurgien cardiaque, maîtresse ou policier donc forcément, ça aide.

5 mois après, je me suis aussi remise à avoir le blues le dimanche soir, comme avant.

5 mois après, je pleure presque toujours le lundi (et parfois le mardi), dans le train qui m'emmène au travail, après avoir déposé mes petits piou-pious à la crèche et à l'école. 

5 mois après, mon coeur de Maman souffre toujours de ne pas être avec eux tout le temps. 

J'ai la chance d'avoir un travail plaisant, avec des collaboratrices sympas. Je ris souvent (le rire c'est la vie), on me laisse manger du chocolat et je vais bosser le coeur léger. Alors oui, 5 mois après, je peux le dire, c'est moins difficile. Surtout parce que comme je le disais mon patron est génial et mon job coolos. Si j'avais dû retourner d'où je viens… je n'aurais pas tenu 2 jours.

C'est moins difficile, mais ça reste douloureux. Pour moi, ce ne sera jamais réjouissant de m'asseoir derrière un écran toute la journée, alors que je pourrais regarder mes enfants grandir. Même si, comme je le disais, parfois, ça fait du bien, c'est reposant. Je découvre le manque, l'impatience de les retrouver, la joie d'être avec eux parce que ce temps nous est désormais compté.

Je crie moins, je suis plus patiente, plus disponible. Moins de temps, mais en mieux. Avec le burn-out, on perd ce plaisir, cette légèreté, ce bonheur naturel de PROFITER de ses enfants. 5 mois après je l'ai retrouvé, je me sens mieux, bien mieux. 

Tout ça pour te dire, Petite Maman qui me lit et qui flippe de bientôt reprendre, que tu vas chialer ta mémé, qu'il y a des jours où tu voudras juste tout plaquer pour partir vivre sur une île déserte avec tes bébés et ton chéri, mais que tu dois te faire confiance. Tu as eu un enfant, peut-être même plusieurs, alors TU PEUX retourner bosser, je t'assure. C'est du pipi de chat à côté. C'est sûr que c'est pas évident, c'est long, ça pique un peu (beaucoup) mais je t'assure, le temps fait des miracles. Même si rien n'est jamais parfait, même si rien n'est comme on l'avait imaginé.

Hey, la vie quoi.

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6 comments on “Vis ma vie de Maman : reprendre le travail – 5 mois après”

  1. C'est super d'arriver à être heureuse à la maison et au travail. C'est très important. Je suis assistante maternelle donc j'accompagne les parents dans la "séparation " en leurs expliquant que le retour est magique.  Bonne journée bises

  2. J'aurai pu écrire tes mots,

    3 ans et demi sans travailler, 2 enfants, une dépression, un burnout maternel, une hypersensibilité pas simple à gérer et j'ai aussi repris le travail le 21 octobre dernier.

    Par contre, moi, c'est au début que je me sentais bien, plus le temps passe et plus c'est dur de laisser mes bébés.  

    À part le 1er jour où les larmes ont coulés, beaucoup et longtemps, les premiers mois sont passé plutôt facilement. 

    Mais maintenant, c'est trop dur, trop compliqué, mon amoureux me manque, mes fils encore plus. 

    Je conçois que ça "fait du bien" de voir des adultes et d'avoir une vie en dehors de mes 3 hommes. Mais avoir un sourire de façade, une bonne humeur feinte face aux clients, je suis dans le commerce, est de plus en plus difficile. J'ai du mal et j'angoisse des mois à venir, j'ai peur de l'avenir. 

    On n'a toujours pas trouvé notre rythme, niveau organisation ménage/enfants/école/boulot et la maison est un vrai boxon qui me fait honte. 

    Mais il faut travailler car financièrement c'est indispensable, je ne pouvais pas continuer à être à la maison. Mais p***** qu'est ce que c'est dur

     

    En tout cas merci pour tes mots… Ça me donne, un peu d'espoir pour la suite. 

     

  3. Hello ma belle, oui ce n'est pas facile tout les jours de se poser le derrière sur sa chaise et derrière son écran, Ça fait 1ans et 6 mois que j'ai repris apres Arthur j'ai la boule au ventre le matin de les laisser à la Creche, j'ai pas envie… mais ça change les idées et on a besoin de fric dans cette société de merde ou tout coute un bras! 

    Mais je suis tellement heureuse d'aller les chercher, ils me sautent dans les bras quand j'arrive à la crèche, ma petit chérie me dit "je t'aime maman" Ça fait chaud au cœur, et je me dis qu'à eux aussi ca leurs fait du bien d'être avec d'autres enfants…

    Etre maman c'est ca, faut faire des choix qui ne sont pas forcément les nôtres mais c'est pour le bien de tout le monde… et à la longue on se rends compte sur c'était plutôt pas mal de faire comme ça !

    bon je te fais des gros bisous ma belle ma mes notes, fiches, mails, lettres, plannings, congés … m'attendent 

  4. Je n'ai pas l'angoisse du dimanche soir mais c'est clair que j'ai pas envie, là on est mardi et je sais que demain je vais profiter de mes loulous alors ça passe beaucoup mieux la semaine 😉 j'ai comme toi la chance d'avoir un travail cool dans le sens où je ne rentre pas stressée le soir et des collègues sympas avec qui on peut toujours rire de tout et de rien et ça fai un bien fou! 

  5. Après une grossesse compliquée, un accouchement prématuré (et un bébé qui va avec…) j'appréhendais tellement. Parce que finalement reprendre alors que bébé à tous juste 2 mois c'est inhumain. Mais aujourd'hui il à 2 ans, est plein de vie, plein d'énergie, et mon dieu que ma journée de travail me fais du bien… Bien que je ne sois pas passionné par mon job!!! 

    Parfois je me dis que le travail c'est la vie!! (maybe) :p 

    Bise à toi et à tes petits monstres. 

  6. Je reprends dans une semaine pile… Sans trop d'appréhension car 1) nounou géniale 2) travail à temps très partiel 3) ça fait du bien d'aller parler à des adultes des fois ! En revanche le blues du dimanche soir je connais bien… Pour le trajet lacrymal du lundi matin, à ta place, j'y joindrais bien une lecture spéciale. Un livre particulier, beau, qui donnera une coloration à ce moment et qui, quand tu le croiseras dans quelques années sur ton étagère, te rappellera en un souffle ces lundis matins… car la tristesse est précieuse, aussi. Elle nous dit l'importance des choses et des instants. Bon moi je vais éviter le bouquin du lundi matin… au volant c'est pas prudent !

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