Comment dire les gars… vous me laissez une tâche… difficile ! Revenir après près de 3 semaines de silence, encore étourdie par le tourbillon qui nous a soufflés, ma famille et moi. Vous avez été des CENTAINES (putain des centaines quoi) à m'écrire, à m'envoyer des lettres, des colis, du chocolat, des pâtes, du maquillage, des cookies, des jouets pour les enfants. Vous avez été des centaines à participer à cette cagnotte que je ne voulais pas, que j'avais interdite (hellooooo Johanne).

Parce que je n'ai pas écrit pour ça. Parce quand j'ai cliqué sur publier, j'avais les mains moites et des palpitations et je me disais "au pire, tu le supprimeras dans quelques heures". Je ne m'attendais PAS DU TOUT à vos réactions. Je voulais juste, comme toujours et un peu égoïstement, coucher mon mal-être sur papier, le sortir de moi, que je sois enfin tranquille, vidée, apaisée. Je m'étais imaginée que vous seriez peut-être deux ou trois à me dire "Courage Delphine, ça va aller, tu vas voir.", j'attendais aussi ces bons vieux trolls (qui sont peut-être passés par là mais sans que je le sache, et c'est tant mieux) et leur "Arrête de te plaindre, t'avais qu'à pas faire de gosses, ferme-là".

Quand j'ai écrit mon article, j'étais perdue, paniquée, à bout de souffle. Aujourd'hui je revis, je respire, je mange, je dors. Bon, OK je crie toujours sur les enfants, mais bon entre celui qui te déchire toute la biblio et l'autre qui trouve rien de mieux à faire que d'écoper la baignoire à l'heure de la douche, t'avoueras que j'ai mes raisons.

Aujourd'hui, si je souris, si je suis capable d'aller travailler le coeur léger, si je me suis relevée, si j'ai à nouveau la force de me battre (contre la BNP entre autres, pour ne pas les nommer), c'est grâce à VOUS. Si j'arrête pas de chialer en écoutant Vianney et Claudio Capeo (oui, j'assume), c'est à cause de VOUS.

C'est très paradoxal parce qu'autant vos mots, vos témoignages, vos envois, vos dons me transportent, me laissent pantoise et sans voix, autant je suis triste. Triste de voir que nous sommes si nombreux à connaître cette situation. Je veux dire, on sait que la vie c'est comme une boîte de chocolat et qu'on sait jamais sur quoi on va tomber (n'est-ce pasForrest), mais voir qu'on est autant à être tombés sur les chocolats-moisis-à-la-liqueur-qui-restent-toujours-au-fond-de-la-boîte-parce-que-personne-n'en-veut, c'est… C'est triste oui. Aucune mère ne devrait avoir à couper les biberons de lait de son enfant à l'eau. Aucun père ne devrait avoir un accident en rentrant du boulot, harrassé par des horaires pourris et un patron affreux. Aucun couple ne devrait se déchirer pour des soucis de fric, putain. Y a tellement plus grave, tellement plus important. La mer qui monte, la Terre qui est en train de crever, l'huile de palme, les SDF, le mariage forcé… Y a tellement de luttes à mener. Mais non, on est là, sclérosés, paralysés par ces soucis matériels de merde qui nous rongent.

Et pendant ce temps à Vera Cruz L'Elysée et au CAC 40, ça se gausse, ça se gave, ça se prélasse, à vingt mille lieues sous les mers de nos préoccupations. Insupportable. Je ne vais pas commencer à faire de la politique les gars, non. Mais merde, juste un peu de BON SENS, un peu de JUSTICE, un peu de JUSTESSE. Comment est-ce possible de concentrer autant de richesses en si peu d'hommes quand nous sommes si nombreux à ne pas savoir de quoi demain sera fait ? Combien de temps ce petit manège va-t-il encore continuer avant que ce monde comprenne qu'il va droit dans le mur ?

Bref, pardon, je m'égare, je voulais juste vous dire merci et faire un article positif (si si je te jure) pour vous dire que vous m'avez redonné le sourire, la foi, l'envie. Et quand on a ça, on peut aller loin, très loin. Alors merci. Et pour finir, pour vous dire à quel point vous avez réchauffé mon coeur de femme, de maman, de moi quoi, un extrait d'une de mes chansons préférées qui prend tout son sens aujourd'hui :

I'll stop when I'm at the very top
You shitted on me on your way up
It's 'bout to be a scary drop
Cause what goes up must come down

(=> ça c'est pour les patrons du CAC 40 hein les gars :-P)

You and I know what it's like to be kicked down
Forced to fight, but tonight we're alright
So hold up your light, let it shine 'cause

This one's for you and me, living out our dreams
We're all right where we should be
With my arms out wide I open my eyes
And now all I wanna see
Is a sky full of lighters
A sky full of lighters

 En français dans le texte : "On sait ce que c'est d'être jetés à terre, forcés de se battre, mais ce soir, tout va bien, lève ta lumière et fais-la briller parce qu'on va vivre nos rêves, on est là où on doit être, mes bras sont grands ouverts et j'ouvre les yeux, et tout ce que je veux voir, c'est un ciel empli de briquets" (ouais je sais, en anglais ça passe mieux haha). Bref, j'étais au sol, vous m'avez tendu la main, je me suis relevée, et maintenant je vais VIVRE, je vais me BATTRE. Et c'est grâce à vous, mes briquets <3

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9 comments on “Merci”

  1. Tout est dit, avec une telle justesse que j'en ai les larmes aux yeux. Comme tu le dis, comment une société censée être parmi les plus évoluées et développées du monde peut-elle laisser des parents qui bossent se priver pour nourrir les enfants pendant que d'autres se gavent à millions en ayant plus aucune notion de la valeur des choses ?! (pour en venir à croire qu'une chocolatine vaut 0,10€ et il ne doit pas être le seul…). J'estime avoir la chance d'être à l'abri du besoin, mais ce constat me donne quand même envie de gerber … J'ose croire qu'une prise de conscience est en train d'avoir lieu, j'espère que nous -et nos enfants- sauront faire évoluer vers la société pour une répartition plus juste !! Merci pour ton article, et je te souhaite de tout coeur que ta situation s'améliore rapidement !

  2. Ce soir je suis heureuse et émue d'être un briquet  

    Restez ce que vous êtes authentique, drôle, et humaine !

    Grosses bises à vous 4. 

  3. C'est super que tu te relèves. Plein de courage et ça ira vite mieux. Déjà de voir que ça va mieux, ça fait plaisir de l'entendre. Gros bisous. 

  4. C'est vrai qu'on est trop nombreux à vivre ça mais si peu à en parler. Ton artivle m'avait beaucoup touché parce que tu es une fille qui est tellement généreuse…

    Je pense à toi . Bises 

  5. moi aussi ça m'a éffaré ces commentaires où on s'aperçoit qu'il y a tant de gens dans cette mouise… courage en tous cas !

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