Comme tu le sais, la première rentrée hibouesque en maternelle fut rude, très rude. Je t’en parlais ici.

Ce qui est bien quand tu es parent, c’est que tu en apprends tous les jours. Après la rentrée  infernale de l’année dernière par exemple, j’ai cru, on sait pas pourquoi, que tout irait comme sur des roulettes.

EVIDEMMENT QUE NON, petite maman Padawan. C’eût été bien trop simple ! Cet été déjà, Hibou évoquait de temps en temps l’école, sans que cela n’ait aucun rapport avec nos activités du moment, pour me dire « Maman, j’aime pas l’école. Je veux pas y aller ».

Je ne sais pas toi, mais moi, je suis toujours autant démunie face à de tels propos. Bon, pendant les vacances, je vais pas te mentir, je balayais ses doutes et ses angoisses d’un revers de la main en lui disant simplement « N’y pense pas pour l’instant, profite de tes vacances ! ».

Une semaine avant la date fatidique de la Rentré, l’heure de la reprise ayant sonné pour moi, Hibou a dû aller au centre de loisirs quelques jours. Je t’avoue que je n’en menais pas large, après 2 mois passés dehors, à vivre à son rythme, à changer d’activité au gré de ses envies.

Par chance, son école étant en travaux, l’accueil de loisirs a eu lieu dans une minuscule école, genre l’école toute vieillotte, un peu de guingois, tout ce que j’aime. Hibou aussi a eu l’air d’apprécier car à aucun moment il n’a angoissé ni pleuré. Les au revoir duraient 5 minutes à tout casser. Evidemment, il protestait à l’idée d’aller à la cantine, mais comme beaucoup d’enfants non ?

Rassurée dans mon cœur de Maman, toutes mes craintes concernant la rentrée se sont envolées. Si tout roule au centre, pourquoi ce ne serait pas pareil à l’école ?

ERREUR petite maman Padawan, grosse erreur. Le jour de la rentrée fut catastrophique. Entre la nouvelle classe, la nouvelle maîtresse, les nouveaux copains, j’ai béni le ciel qu’il soit avec sa grande copine de Petite Section. Mais lu, apparemment, ça ne lui suffisait pas.

En un quart de seconde, le cauchemar a repris, là où il s’était arrêté fin 2016. Des larmes à n’en plus finir, des cris, l’effroi et la peine dans les yeux de mon fils. Impossible pour moi de me binder, de penser à autre chose, de le laisser comme ça. C’est la directrice qui m’a mise à la porte, parce que « c’était l’heure »..J’ai pleuré sur le chemin du travail moi aussi, le cœur en miettes. Vraiment, il n’y a rien de pire que d’être impuissant face à la douleur de son enfant.

Alors je sais, on est pas obligés. Pas obligés de les mettre à l’école, pas obligés de les mettre à la cantine. Mais bon sang, j’y crois moi, aux valeurs de l’Ecole Publique ! Je VEUX qu’il y aille, qu’il apprenne, pas seulement à compter et à lire mais aussi à vivre avec les autres, respecter les règles, prendre conscience que petit à petit, c’est lui qui va s’adapter au monde et non l’inverse.

Mais n’empêche. On a beau vouloir tout ça, c’est DUR. Surtout en étant hypersensible et avec un Hibou dont le caractère est si doux, si rêveur. Jean de la Lune comme je l’appelle parfois…

Oui, c’est paradoxal, mais j’ai envie qu’il aille à l’école, même si c’est pour se dire que son chemin est en-dehors d’elle (coucou Kiara si tu me lis), j’ai envie qu’il sache que ça existe, même s’il doit rester anticonformiste au final.

Sauf que c’est difficile à même pas 4 ans, de rentrer dans un moule sans se faire broyer. C’est d’ailleurs ce qui est insoutenable pour une Maman, cette sensation de voir la chair de sa chair passée au laminoir.

Alors, on a repris nos rituels. Le câlin AVANT de passer la porte de l’école. Puis celui dans la classe. Le cœur sur la main au marqueur.  Les promesses de bonbons à la sortie, et du sac à dos Flash MacQueen tant convoité si tout se passe bien.

Malheureusement, rien n’y a fait les premiers temps. Je n’oublierai jamais ce matin où, défiguré par la douleur mais résigné face à son impuissance, il m’a hurlé « A CE SOIR MAMAN, A CE SOIR ! » en pleurant toutes les larmes de son corps. Comme s’il avait baissé les bras et que la tristesse faisait désormais partie de lui.

Alors le soir, j’ai mis en place une astuce, qui encore ce matin m’a sauvé la mise. Et puis on a fait une activité ensemble, pour apprivoiser l’école. Mais tout ça, je t’en parlerai dans un prochain article ! 😉

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3 comments on “ Moyenne section : une rentrée difficile”

  1. Rentrée difficile aussi pour mon grand bébé en moyenne section, on a déménagé cet été, donc changement d'école, de maîtrese, de copains, de garderie… les 2 premiers jours se sont parfaitement bien passés, je l'ai déposé le premier jour à l'école et je suis allée le chercher devant sa classe puis on a instauré la garderie le matin et le soir, mercredi avec maman et son petit frère et le jeudi matin : les larmes au petit déjeuner, "maman je veux pas aller à l'école, je la connais pas cette école", j'ai expliqué à la garderie que c'était difficile et elle m'a conseillé de prendre rdv ou de laisser un mot dans le carnet. Je nous laisse jsuqu'à vendredi pour voir comment ça évolue, j'ai le sentiment qu'il est laissé de côté par ses camarades qui doivent déjà se connaître, il joue uniquement avec une petite fille et quand tu connais mon fils, hyper sociable et pas du tout timide, et bien ça me déchire le coeur.. vendredi je partirai plus tôt du travail pour rencontrer la maîtresse et l'atsem car pour l'instant le carnet de liaison est vide et mon fils me demande tous les jours pourquoi les autres ne pleurent pas… courage à toi <3

  2. Je trouve ton billet dechirant… Ca me rend tellement triste pour toi et ton petit bout… Je suis curieuse de lire ton astuce…
    PS: une autre astuce consiste a faire rentrer son enfant a l’ecole hors du calendrier « normal » de la rentree des classes (style une ou deux semaines plus tard). Ca evite que trop d’enfants pleurent autour et lui plombent le moral. Et tout est un peu mieux organise, avec des routines et tout, a ce moment 🙂 )
    Plein de courage en tout cas…

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