Vaste question, young Padawan ! Pour t’aider à sauter le pas, je vais te raconter un peu ma vie…

Depuis aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours aimé la nature, et les animaux. Le soleil qui joue avec les feuilles des arbres, le vent qui souffle dans les peupliers, la mer à perte de vue… des images qui m’ont touchée dès mon plus jeune âge, sans que je sache trop pourquoi.

Petite, je me rêvais véto ou documentaliste animalière, sillonnant la jungle et la savane à la recherche d’espèces rares. Petite, j’ai fondé un club pour venir en aide eux espèces menacées. Petite, j’ai pleuré le jour où, lors d’une visite au musée avec l’école, j’ai compris qu’il n’y avait plus de dodos (oui le dodo est un vrai animal, sache-le), presque plus de baleines, bientôt plus d’éléphants. Petite, j’ai pleuré en comprenant que c’était de notre faute, à nous, les Hommes, si notre Terre avait si mal.

Et puis, j’ai grandi. J’ai arrêté de rêver, à la savane, aux crocodiles, aux lions et aux girafes. J’ai arrête de croire que j’avais le pouvoir de changer les choses. Je suis rentrée dans le moule. Longues études, plan de carrière bien défini. Gagner des sous et encore des sous. Parce que sans sous, on est rien, dans cette formidable société qu’est la nôtre. Alors j’en voulais plein. Plein et surtout plus que les voisins.

2013, j’ai 27 ans. Burn-out. Ma vie et mon job s’emmêlent et s’entremêlent tellement que je ne sais plus faire la part des choses. Je pars à la dérive. Je quitte mon travail. Je ne le sais pas encore, mais je suis enceinte.

2017. J’ai 32 ans, deux enfants et l’intime conviction que si on continue comme ça, on va droit dans le mur. Je n’ai pas la science infuse et je ne suis pas voyante, mais il y a une partie de moi qui a envie de vous dire « been there, done that ». Ouais le fric, on va pas se mentir, quand on en a, c’est bien. Mais quand on en a pas, on ne meurt pas pour autant. On n’est pas personne. Je peux te le dire, je suis pas riche et pourtant je suis bien là, plus que jamais, même.

Si on continue notre course folle à l’avoir, pas besoin d’être Einstein pour comprendre que c’est voué à l’échec.

Un jour, ma sœur bien-aimée m’a offert une carte sur laquelle étaient écrits ces mots : « Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce que l’on possède ». Ce jour-là, cette maxime  de Saint-Augustin s’est gravée en lettres de feu dans mon esprit hypersensible, un peu branlant, toujours à fleur de chouine.

J’ai couru longtemps, trop longtemps après l’avoir, jusqu’à en oublier l’être et le vivre. Je voulais posséder. Et j’ai dû finir sous cachetons pour comprendre que l’important c’est pas ce que tu as, mais bel et bien ce que tu es, et ce que tu donnes (à tes enfants, surtout).

Bref, je sais, je fais ma philo de comptoir là, et peut-être en as-tu ras-le-bol de ce post sans queue ni tête, peut-être te demandes-tu où est le green dans tout ça… Moi aussi ma Brenda, j’ai un peu perdu le fil, je t’avoue….

Au départ, je voulais juste dire que de faire des enfants m’avait bien remis les idées en place, sur ce qui était important et ce qui ne l’était pas, et que j’avais fini par revenir à ma vision presque « enfantine » de la vie. Ceci dit, je n’ai jamais été aussi heureuse que gamine donc c’est sensé !

A la différence près qu’aujourd’hui, je suis responsable de mes choix, et aussi, en partie,  de la façon dont mes gars réfléchiront pour faire les leurs dans 10, 15 ou 30 ans. Oui, dans ma tête c’est un peu comme à la sécurité routière, un joyeux merdier avec une grosse voix qui dit à la fin « TOUS RESPONSABLE ». Oui on l’est tous.  Ça sert à rien de se planquer en se disant « c’est foutu » ou « on verra ça plus tard » ou « ça me concerne pas » ou « je veux pas savoir ».  C’est sûr qu’en partant perdant ou individualiste, on va pas vraiment avancer.

Mais si, si, ça te concerne, que le plastique qui emballe ta bouffe finisse par tuer ta dite bouffe. Si, si ça te concerne que les cosmétiques soient remplis de merdes qui donnent le cancer et rendent stériles. Parce que peut-être que toi tu t’en fous, mais t’as pensé à tes gosses ? Alors, non, il est pas trop tard pour se réveiller et CHANGER, au contraire ! Et oui, tu as une part de responsabilité (zéro six milliardième environ) dans le monde que tu laisseras à tes enfants et aux enfants de tes enfants et aux enf… je deviens chiante là, non ?  

Là où je veux en venir, c’est qu’avec mon burn-out, ma course à vide et mes deux gosses, je sais où je veux aller maintenant, ce vers quoi je tends. Je tends vers un quotidien plus responsable, tout simplement, moins individualiste. Pas seulement vert ou quoi, juste plus HUMAIN. Je sais aussi ce que je ne veux pas, ce qui me gonfle et m’agace.

Non parce que quand on parle de combat vert ou écolo (ouh, les gros mots), yil semblerait que le monde se divise en deux catégories de personnes. Les verts, qui estiment que tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont nuls, des imbéciles égoïstes qui courent à leur perte, entraînant le monde entier avec eux. Et les pas verts, qui estiment que les écolos sont de gros emmerdeurs dont le but principal est de faire chier le monde.

Sauf que mon souci, à moi, c’est que je suis verte pas mûre. Alors je vais où, je fais quoi ? J’utilise des couches lavables et je me soigne parfois aux huiles essentielles. Ah ben parfait on me dit dans l’oreillette que je suis écolo*slash*hippie ascendant relou. Oui, mais j’ai aussi un diesel qui fout tout plein de particules dans l’atmosphère et j’aime le coca zéro. Ah bon ben je peux pas être écolo alors.

Tu vois, ça c’est le genre de raisonnement qui me gave complet. Limite ça m’énerve encore plus de la part des « verts » qui ont tout un monde à convaincre ! Comment veux-tu qu’on écoute quelqu’un qui te dit que si t’es pas à 100% alors tu fais de la merde ?

Oh les gars, Rome s’est pas faite en un jour ! Alors même si on est pressés par le temps, les glaciers qui fondent, la forêt qui disparaît et la mer qui devient dégueu, à un moment donné, il faut grandir et accepter que le changement prenne du TEMPS.

Après 3 décennies à manger du Nutella, j’ai décidé il y a quelques mois de ne plus en acheter. Parce qu’à chaque pot vendu, la forêt disparait et tout fout le camp, petit à petit. Alors ça m’énerve, mais ça m’énerve, quand on me jette des cailloux parce que j’utilise encore du shampoing qui mousse ou que je vais au mcdo.

Personne n’est parfait, merde. Je fais des petits pas, je tends au vert. Pas mûr ouais, mais vert quand même ! Je suis aussi passée à la cup menstruelle, par conviction au départ, par confort maintenant, et je fais d’autres gestes que j’estime à ma portée.

Il est là le truc, je crois vraiment que tout le monde peut être green, en faisant des choix à sa portée, sans devenir forcément vegan, ne plus jamais acheter de chaussures en cuir ou manger un œuf. Comme toujours, le souci pour moi est dans les extrêmes, le jugement, la condamnation.

Perso, je crois surtout que le changement passe par le consentement éclairé (et la loi aussi, genre qu’attendent les pouvoirs publics pour interdire l’huile de palme, on se le demande hein) et donc le dialogue, l’écoute, le compromis (ou la contrainte, mais qui émane des institutions, qui n’ont pas vraiment l’air décidées à se bouger le popotin pour l’instant). Pour être entendu, il faut aussi savoir prêter l’oreille, et montrer l’exemple.

J’assume pleinement mon statut d’homo sapiens, et donc le fait de consommer de la viande, du miel, des œufs et du lait. Ce qui me gêne aujourd’hui, c’est la façon dont ses denrées sont produites et consommées. A outrance. Les supermarchés me donnent de plus en plus la nausée, faisant étalage de toute cette nourriture qu’une vie ne suffirait pas à consommer, ces chocolats de Noël invendus et qui vont finir à la poubelle, ces œufs pondus par de poules maltraitées et ces poulets shootés aux antibios.

Oui ça, ça me bouleverse et je fais ce que je peux pour changer ça, à mon échelle.  Je suis droite dans mes bottes, ou du moins j’essaie. Pierre après pierre, caillou après caillou. Je suis verte. Pas mûre, mais je me soigne.

 

PS : les personnes qui auront lu ce texte jusqu’au bout ont ma reconnaissance et mon admiration éternelles

PPS : les personnes qui auront lu ce texte jusqu’au bout en se disant « ouais mais non, je peux pas, j’aime trop le Nutella », sachez qu’il y a d’autres gestes, d’autres façons de vous exprimer sur le sujet, comme par exemple votre vote en mai prochain. Posez-vous les bonnes questions ! 😉

 

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24 comments on “Passer au Green, c’est pour moi ou pas ?”

  1. Ben voilà c est ce que je me dis  … Moi aussi je voudrais passer au green alors pas complètement parce que clairement je ne peux pas me passer de fromage et accessoirement le bio c est bien mais putain ça coûte un bras et deux reins …  mais les CL , la cup ( je viens d' en commander une ) … ben merde c est ma petite contribution  , je me dis c est déjà ça …. bref je suis complètement d accord 

  2. En un mot j'adore ! Je suis un peu comme toi j'essaye des petits gestes (et des fois on le jette la pierre .,. Je suis la folle qui a une sodastream … merci pour ton com sur ma pauvre petite publication d'ailleurs) , alors oui on fait des petits gestes mais c'est mieux que de ne rien faire du tout ! 

    Et la prochaine fois que je passe par Paris si tu veux je t'invite à mc do !

  3. bravo.. .et pour regler ton probleme de nuteburk tu a le niocciolatta, aussi degeux que le nutella (j'aime vraiment pas le gout) mais bio et sans huile de palme 🙂 et produite en italie donc avec un impact carbonne moins gros 🙂

     

  4. Putain, j'ai ta reconnaissance éternelle (et j'ai encore le droit de manger du nutella, tu me jettera pas de cailloux)

    en te lisant je réalise que je parle à peines de mes petits pas autour de moi par peur et que je m'empêche parfois sz changer par ignorance et peur d'être jugée (je veux un compost de ville depuis des années…)

    merci pour ton article !

  5. j'ai lu jusqu'au bout

     

    🙂

     

    bon je me sens pas green du tout, je suis passé a la cup aussi, j'essaye de consommer mieux, français surtout et mieux

    et moi j'ai carrement arreté d'acheter du nutella, a la base pour mes fesses mais du coup c'est ecolo non???

  6. Je suis totalement en phase avec toi sur le côté pas totalitariste. Les discours trop marqués blancs ou noirs sur l'écologie me font partie en courant. Si je suis le défi c'est plus dans l'idée de se dire qu'on peut TOUS faire des petits gestes.

  7. Alors j'ai lu jusqu'au bout,  et même que je pense EXACTEMENT  de la même façon que toi ! Je passe au green …. autant que possible …je ne suis pas parfaite mais je trouve que chaque geste compte ! Et si j'arrive à faire faire un petit geste à qq1 d'autre … c est tout bénef

  8. Bonsoir,

    Je plussoie complètement à cet article. Les personnes qui voient blanc ou noir ça m'agace. Alors je fais comme toi, je fais de petits gestes : j'ai une cup dans mon placard, j'achète des oeufs de poule élevée en plein air, parfois des produits bio, du local quand je le peux…. Ce sont peut-être de petits gestes mais je pense qu'ils comptent et que ça fera un peu "l'effet papillon"….. Isabelle

     

  9. Je me retrouve beaucoup dans ce que tu as écrit (et j'ai tout lu 😉 ). 

    Je crois qu'il faut arrêter avec cette écologie culpabilisante et être dans une écologie qui met en valeur les petits gestes de chacun, à son échelle, à sa mesure.

    Et puis les politiques ont un rôle majeur à jouer. Nous n'arriverons pas seuls à tout changer s'il n'y a pas des décisions prises en haut lieu. Ce n'estpas gagné.

     

    Merci pour ce billet !. 

     

  10. Je suis tout comme toi alors, verte pas mûre(j'aime bien l'expression 😉 )

    Je n'adhère pas non plus aux discours extrêmistes, qui, même s'ils ont raison, démoralisent et donnent souvent l'effet inverse que celui souhaité parce "à quoi bon?" du coup!

    Bref, j'essaie, comme toi (et ma prise de conscience s'est encore accentuée quand j'ai eu bébé) de pierre par pierre, faire ce que je peux (ma lessive, le tri, le compost, etc ) même si tout n'est pas parfait, c'est déjà ça de pris non?

  11. Salut,

    je suis fidèle lectrice et très mauvaise commentatrice, juste pour te dire que des extremistes écolos, il n'y en a pas beaucoup dans la vraie vie, non ? (mais peut être qu'ils gueulent fort?). Perso je connais personne qui va au boulot à vélo, mange que du quinoa et ne chauffe pas sa maison mais porte des gros pulls en laine…

    Plus sérieusement je suis d'accord, l'important c'est qu'on ne peut pas TOUT faire et être irréprochable sur tous les points. Moi par exemple je me considère écolo mais les couches lavables c'est no way. Et j'achète de la bouffe industrielle pour le midi au boulot parce qu'avec deux gamins, le soir j'ai pas trop le temps de me mitonner mes poélées de topinambours. A côté de ça on a isolé la maison, j'achète quasiment toutes les affaires des petits sur Le bon Coin, on limite les cadeaux qui servent à rien à part faire travailler les enfants dans les mines, on prend les pieds plutot que la voiture pour les petits trajets (ce qui est rare dans ma cambrousse, c'est désespérant!). Enfin des tas de petits gestes et j'espère que tout le monde fera la même chose bientôt… chacun les siens, mais petits gestes plus petits gestes = grands changements, non ?

    • Si tu veux je t'invite chez mon papa il te fera un plaisir de te faire découvrir les joie du pull en laine et du travail à vélo  ( eut moi je veux bien t'accueillir l'été, mais la il fait trop froid je préfère ma maison bien chaude ). Il fait même tout les soir une petite flambée  ( petit =3 bûches) la joie quelle procure c'est comme quand tu as pas vu de chocolat chaud depuis des lustres et que tu en bois un… 

      Astuce de moi; ca fille qui a décider de prendre un peu de tout ca mais pas grand chose quand meme  les boîtes mails sont énergivores… Allez faire un tour sur cleanfox de temps en temps pour nettoyer tout ça  

      Et je suis sur que plein de petites choses font que le changement est en marche et quz de plus en plus de monde le prends en cours de route.

  12. Merci pour ce texte qui m'a fait rire mais aussi (et surtout) me sentir moins seule.
    Je suis aussi une verte pas mûre, qui a plein d'envies mais qui avance à son rythme et qui avec ses petits gestes, essaie de laisser l'empreinte sur Terre la plus petite possible !

  13. Bravo pour cet article plein de bon sens. Je suis paralysée par la peur de ne pas faire assez (bien?). J'ai beau être quand même assez green j'ai l'impression que ce n'est jamais assez. 

    Que si VRAIMENT j'étais green, je serai vegan, j'aurai viré la moitié de mes affaires à la Marie Kondo (oui je mélange tout), je mettrai des CL pas que le week-end…

    Il faut accepter d'aller à son rythme et ça c'est difficile. Arrêter de courir après le mieux. Parce que c'est ce à quoi nous pousse notre société toujours plus ! (même dans le green)

    • C’est exactement ça ! Tu mets le doigts sur un truc qui me dérange aussi de plus en plus ! Cette course au vert, un peu hypocrite en fin de compte, où il faut toujours faire mieux, plus, être efficace et performant. ça me gonfle ! Y a aussi tellement de boîtes qui font du greenwashing, les gens se font avoir comme des bleus ! Quand tu vois que Timotei lance un soi-disant low poo blablabla… Au final on reste dans la consommation, encore et toujours. Personne n’est parfait masi tout le monde a un cerveau et j eplussoie ton com !

  14. Salut,

    Merci pour ta reconnaissance , j'ai lu jusqu'au bout…

    Je suis également "verte" mais pas mûre

    J'utilise les cup depuis la naissance de ma deuxième, je trie mes déchets. J'essaie d'acheter le maximum de produits sans emballages, je fais du compost, j'ai des poules, je commence à faire mes produits ménager et j'achète beaucoup d'occasion "pourquoi acheter neuf alors que l'occasion fonctionne aussi bien ".

    Je ne commente pas souvent ton blog mais te lis régulièrement et je me suis tout à fait retrouvé dans cet article

    Chaque se fait avec patience et conviction, il faut croire en nous et en nos idées.

     

  15. Je recycle un maximum (1 poubelle 50 litres par semaine pour une famille de 5 pas trop mal ???)

    Par contre niveau bouffe j'ai du mal à être green…

    En ce qui concerne mon vote au mois de mai, tu en es où niveau signatures ???!!!

    Bref je t'adore et tes petits loups me fond fondre ! 

  16. Déjà je suis contente d'apprendre que j'ai ta reconnaissance et ton admiration éternelles :p

    Plus sérieusement. Je ne me suis jamais trop senti concerné par l'écologie, la planet jusqu'à ce que j'ai des enfants. Depuis je réfléchis un peu plus et je regarde ce que je peux faire à mon niveau. Après je suis "pas mûre" comme tu dis, parce que je ne suis pas à fon non plus. Je ne vais pas faire mes courses avec zéro déchet (bien que parfois j'y songe)… Il est parfois difficile de mettre en oeuvre toutes les actions aussi bonnes soient elles.

    Le changement opère doucement, mais sûrement, et je passe le message à mes enfants je pense que c'est essentiel aussi, pour qu'eux n'aient pas le déclic à 30pige comme moi, mais qu'ils l'aient déjà bien avant.

    Le changement opère doucement mais surement, et je passe le message à mes enfants je pense que c'est essentiel aussi, pour qu'eux n'est pas le déclic à 30pige comme moi, mais qu'ils l'aient déjà bien avant.

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