Au moment où j'écris ces lignes, je suis dans le métro, direction République. République. Toi ça ne te dit peut-être rien mais c'est là que des milliers de gens se sont réunis après les attentats de novembre 2013. Sur le plan de métro, là, pas loin, je vois le Bataclan. 

Je n'ai pas spécialement peur, je refuse de faire ce plaisir aux terroristes qui se croient tout permis. Cependant, comme à chaque fois que je prends le métro d'ailleurs, cette même question, qui me hantera jusqu'à la fin de ma vie : mais qu'ont-ils dans le crâne  ?

Vraiment, je veux dire… Qu'est-ce qui peut pousser un humain à faire ça à d'autres humains ? Je ne comprends pas. 

Et d'un coup, je repense à hier, quand un militaire lourdement armé nous a ouvert la porte du bureau de Poste où j'allais avec les garçons. Je déteste croiser des hommes avec des mitraillettes car ils me rappellent à quel point le monde est fou. C'était la première fois que nous en croisions un avec Oscar. Ébahi, il a regardé cet homme de la tête aux pieds et m'a dit "Tu as vu Maman ? Il a un fusil !" 

Je n'ai pas su quoi dire. Je ne VEUX PAS qu'il pense que croiser des hommes armés jusqu'aux dents est normal. Je ne veux pas qu'il ait peur. Je ne veux pas non plus qu'il pense que la violence est une réponse. Ça me tord le bide de repenser à cette scène. 

Et puis je repense à un peu plus tard, à la maison, quand il m'a montré dans son livre sur les camions, la page des tanks et autres véhicules militaires. Et ce qu'il m'a dit à ce moments-là et que je voudrais qu'il se rappelle toute sa vie "Oh Maman ! Ça c'est pour faire la GUERRE. La guerre, c'est une bagarre de grands. Mais… c'est pas gentil la bagarre hein ? Nous on veut pas la bagarre hein ?" 

Bon sang, j'en pleure encore. C'est certainement rien pour vous et peut-être même un peu ridicule mais entendre ces mots dans la bouche de mon bébé… Si seulement il pouvait garder un peu de cette candeur et de ce bon sens pacifiste ! 

Attention, je n'ai absolument rien contre les professionnels de l'armée. Ils font leur travail et je serais bien contente qu'ils interviennent le jour où… mais je ne veux juste pas que mes fils s'imaginent que l'attaque est la meilleure défense et surtout que cette situation est normale. La guerre qu'elle quelle soit est pour moi une erreur, un échec. Un peu comme la fessée, tiens. Une fessée de grand, avec des moyens de grand. 

Bref, c'était la minute philo du métro. Je te laisse, je suis arrivée. 

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2 comments on “République”

  1. courage delphine, je passe regulierement a marseille et sa me rassure de voir des militaire dans la gare. a hibou tu peut lui dire "oui le monsieur il a un fusil, mais c'est un faux il marche pas, c'est pour que les mechant il croyent que on est plus fort que eux… lesmechant attaque pas les plus fort, on s'en prend toujours que au pas fort, alors on fait croire au autre que on est fort pour qu'il ne face pas de mal"

  2. T'as du assister à un beau concert si t'es arrivée avant 18h. Là aussi ça nous montre le monde étrange dans lequel nous vivons…

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