Ces matins où tu te lèves avec un poids sur la poitrine. 

Ces matins où tu essaies de balayer tes émotions d'un revers de la main.

Ces matins où tu ne te trouves même pas moche, et où tu sais que les gens ne liront pas ton malaise sur ton visage.

Ces matins où tu sais que tu as tout pour être heureuse.

Mais où tu n'y arrives pas. 


Ces matins où tu pries pour que personne ne te demande comment tu vas. Parce que tu ne pourras pas te retenir de pleurer.

Ces matins où tu devines tes larmes juste là, derrière tes yeux. 

Ces matins où tu sais qu'il ne faut surtout pas écouter les infos ou regarder la vidéo YouTube qui a ému tout Facebook. 

Ces matins où tu te sens nulle d'être comme tu es, parce que vraiment, le syndrome dépressif, c'est bien connu, tu fais exprès. 

Ces matins où tu te sens pas à ta place, où que tu sois. 

Ces matins où tu te sens la personne la plus inadaptée au monde. J'ai pas d'autre mot. Je suis inadaptée. Ça me convient pas, ça va pas. Comme un pied et une chaussure. Comme si j'étais un pied un peu trop large, un peu trop grand, et que le monde était un escarpin à bout pointu taille 38.

Ces matins où tu croises parfois un regard et où en un instant, tu reconnais tes pairs. 

Ces matins où tu choisis une Playlist safe, que tu as créée pour te vider la tête sans aucun morceau qui risquerait de te toucher un peu trop profond.

Ces matins où tu te sens si petite, si fragile, et où tu te demandes si un jour tu y arriveras, si un jour tu te sentiras bien, ici et maintenant. 

Ces matins où tu as le coeur serré et des bouffées d'angoisse sans putain de raison. 

Ces matins où, à peine arrivée au bureau, tu prétexteras une allergie pour expliquer ton regard larmoyant et ta boîte de mouchoirs. 

Ces matins où tu as juste envie de te secouer et de te foutre des baffes tellement ça te gonfle d'être comme ça. Parce que oui, personne n'aime être comme ça, personne ne se complait dans la dépression. 

Ces matins où tu serres les dents, et où tu ravales tes sentiments parce qu'il n'y a pas d'autre choix que d'avancer. 

Ces matins où tu mises tout sur le lendemain, car il y a des chances que tout ait disparu comme par magie. 

Ces matins où tu serres tes enfants un peu plus fort, où tu les embrasses un peu plusque d'habitude et où tu chéris leur simplicité et leur bonté.

Je ne sais pas si j'aurais le courage de publier ce brouillon. J'ai tellement envie de crier cette merde qui arrive sans prévenir. Et en même temps… tu parles d'un problème. Elle a un mari aimant, deux enfants en bonne santé, un CDI, un toit et même qu'elle achète des bonbons à ses fils. Alors vous allez pas me faire croire que ça va pas hein. La fausse maladie. Le syndrome dépressif. 

Allez, ça ira mieux demain. 

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