Des fois, je râle. Bon OK, tout le temps en fait. Mais en vrai, je suis heureuse à l'intérieur, même si ça se voit pas toujours.

Aujourd'hui, on s'est baladés en famille, j'avais Hibou dans le porte-bébé et, au moment du goûter, je commence à pester : en plus d'être saucissonnés ensemble, de se tenir chaud mutuellement, j'allais en plus me retrouver recouverte d'enduit au boudoir. Charmant.

Mais alors que je me plaignais pour la 134e fois de la la journée, une petite voix a résonné dans ma tête : "Non mais, avoue, au fond de toi, tu aimes ces moments-là". Euh… et bah ouais. En vrai, je kiffe me faire repeindre en gâteaux secs, avoir de la purée dans les cheveux, ramasser des miettes de pain mouillé dans mon décolleté, poursuivre Hibou quand il part à la chasse aux fils électriques 1 fois, 2 fois, 20 fois. J'aime voir mon fils heureux et croquer la vie à pleines dents.

Au fond de moi, je rayonne, je bous, je vis. Evidemment, toi-même tu sais, c'est plus facile d'être en phase avec ce qui est au fond de moi quand je dors la nuit. Et bien sûr, j'écris cet article alors que depuis 3 nuits, mon petit Hibou dort enfin à peu près correctement. Coïncidence ? Je ne crois pas !

Au fond de moi, c'est comme s'il y avait la mer. Non, un océan en fait. Un océan d'amour. Des fois, c'est le calme plat, la mer d'huile. Pas de questions, pas de doutes, juste un petit souffle léger qui permet à ma barque d'avancer, tranquille Emile. Des fois, c'est la tempête, et moi, je suis sur mon radeau de la Méduse façon Titanic, je lutte contre vents et marées (contre la fatigue, la colère, la hargne). Des fois, il pleut juste un peu. Des fois, il y a beaucoup de vent et un grand soleil qui tape. Des fois, je suis submergée par cet amour que je ressens pour les miens, pour Hibou, pour Papounet. Tellement submergée que je déborde, et le trop-plein d'océan me sort par les yeux (ben oui, c'est de là que me viennent mes larmes, moi).

Au fond de moi, je m'en fous de ne pas m'habiller "canon", d'être bien coiffée, d'être correctement maquillée tous les jours. Au fond de moi, même si je donne l'impression que parfois ça me saoule, je m'en fous de "devoir" porter surtout du gris chiné parce qu'on voit moins les tâches dessus (avoue, toi aussi tu fais pareil). Au fond de moi, je m'en fous si la barque ressemble à un champ de mines, ou à Bagdad au moment de la chute de Saddam, avec des legos enfouis dans les coussins du canap, un pouic-pouic entre mon oreiller et celui de Papounet, un bibouze qui traîne sur la table à manger et une Souris qui chante non-stop. Au fond de moi, même si parfois ça m'agace profondément et que je suis encore un peu triste, je m'en fous de ne pas avoir eu de place en crèche et de ne pas pouvoir travailler demain (même si je compte bien rebosser un jour hein). Au fond de moi, je m'en fous de ne pas avoir le temps de manger autre chose que des pâtes (en plus, j'aime les pâtes donc faux problème, haha), ni de me laver sans avoir le temps de toujours bien enlever la mousse que j'ai derrière les oreilles. Au fond de moi, je m'en fous de ne pas avoir de sous pour m'acheter ci ou ça, ou encore ça.

Ce n'est pas de la négligence, ce n'est pas du laisser-aller, ce n'est pas du déni, c'est juste que j'ai plus important à faire. Regarder mon fils grandir, bouffer du riz avec les doigts, se faire un shampoing au pain, se mettre debout, tomber, se mettre assis, rire comme un fou devant des feuilles d'arbre (si, si, c'est possible, c'est arrivé pas plus tard que tout à l'heure), boire tout seul et donc boire la tasse, pleurer quand son jouet préféré tombe de la poussette, enfouir sa tête dans mon cou, ronfler, plonger son regard dans celui de Papounet et sourire jusqu'aux oreilles.

Au fond de moi, je déborde d'amour et de joie. Plus que je n'aurais jamais pu imaginer. La vie est belle.

PS : en lisant le titre de ce post par-dessus mon épaule, Papounet me dit "Au fond de toi, tu es une winneuse". Je sais pas si c'est vrai, mais en tout cas, c'est une belle façon de terminer la journée ! 😉

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3 Comments on Au fond de moi

  1. C’est vrai que quand on regarde nos petits bouts, tout s’envole. La fatigue (enfin presque), la colère quand ils ne dorment pas (c’est comme ça), le stress… Parce que tant qu’ils vont bien c’est le principal. Un sourire, un rire et on est heureux 🙂
    L’autre jour je vais au supermarché pendant que Jules garde Poupette. Ce n’est qu’une fois les courses faites et mes fesses dans la voiture que je me rends compte que j’ai gardé le collier spécial bebe pour qu’elle joue avec (un truc rose avec des cœurs, des étoiles et des grelots). J’ai éclaté de rires dans ma voiture, les gens ont du se demander ce que c’était que ce collier bizarre mais je m’en fiche 🙂

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