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C'est officiel, je suis secouriste. Je me sens tel un petit scout, tout intimidé et en même temps très fier de faire partie de la grande famille des Saint-Bernard. Oh, je sais, y a pas de quoi se faire mousser hein, je suis pas non plus devenue chirurgien cardiaque ou neurologue. Je n'ai d'ailleurs pas encore sauvé de vies à ce jour. Mais n'empêche, hier, j'ai passé toute la journée avec les formateurs de la Croix Rouge de Clamart. J'ai passé le PSC1, autrement dit, le brevet de secourisme.

Comme dirait le slogan de la Croix Rouge (pour une fois qu'un slogan est bien trouvé, signalons-le), je suis préparée à être prête. Oui, y a une nuance. C'est un peu comme l'accouchement en fait. On se prépare autant qu'on veut mais on est jamais prête à donner la vie. Les Mams comprendront. Bon ben là, c'est pareil, suis-je prête à sauver mon bébé qui s'étouffe (ceux qui me suivent sur les réseaux savent que malheureusement cela m'est arrivé il n'y a pas si longtemps) ou à faire un massage cardiaque à ma Maman si elle perd connaissance et ne respire  plus ? NON. Evidemment que non. Je ne suis pas prête, mais je suis préparée.

Mais sincèrement, même si j'espère du fond du coeur ne jamais, jamais, jamais avoir à me servir de ce que j'ai appris hier, quelque part, je suis rassurée de savoir que je sais. Je ne suis pas Jésus, je ne suis pas médecin, si ça se trouve, mon intervention ne changera rien au cours des choses. Ou au contraire, si ça se trouve, elle changera peut-être tout.

Sais-tu qu'une personne en arrêt cardiaque voit ses chances de survie diminuer de 10% à chaque minute si personne n'intervient ? Je ne suis pas pour l'acharnement thérapeutique, et ce que je vais dire va peut-être choquer mais mourir, c'est bien aussi. Dans le sens où ça fait partie de la vie quoi. Un début, une fin. Mais si on peut avoir une belle fin, moi je ne dis pas non. Si demain je m'étouffe avec la fève en m'empiffrant de galette des rois, j'aimerais qu'on me sauve, ou du moins qu'on essaie. Si demain ma Tante Berthe fait un AVC devant la dinde de Noël, j'aimerais agir, et ne pas la regarder, tétanisée, en me disant "Mais que faire ?!"

Je suis TRÈS sensible. Et impressionnable. Et phobique des bobos, des hôpitaux, des médecins, et surtout, surtout, du sang (grand moment de solitude lors de la formation d'ailleurs). Je te laisse donc imaginer mon état quand on a commencé la journée en parlant, danger, urgence, catastrophe, morts, blessés et bien entendu, attentats. Pas très folichon tout ça. Et pourtant, s'informer, prendre conscience, c'est déjà commencer à agir. L'étape d'après, c'est se former.

En 8h de temps (une journée donc), et pour 60 euros, on peut apprendre les bases des gestes qui sauvent, ou du moins qui permettent de limiter la casse en attendant les renforts. C'est quand même pas grand chose ! Pour trouver la prochaine formation près de chez toi, c'est par ici.

Mais… qu'est-ce qu'on fabrique pendant ces 8h ? On fait connaissance, on mange des madeleines et on boit un petit café, mais pas que. La journée s'articule autour de plusieurs modules, le premier est propre à la Croix Rouge et a pour objectif de réduire les risques. J'avoue j'étais un peu en mode psychose à entendre parler de catastrophes à gogo, et j'ai failli devenir survivaliste (mais si tu sais, les mecs qui ont un bunker dans leur jardin et 3 ans de bouffe lyophilisée dans leur cave – mais comme j'ai pas de jardin, et une microcave, bah j'ai dû abandonner l'idée, hélas !).

Ensuite, tu apprends les 4 étapes fondamentales des premiers secours, à savoir : sécuriser, examiner, alerter, secourir. Dans cet ordre, SAUF dans deux cas : arrêt cardiaque ou hémorragie, car bien évidemment, dans ces cas-là, il faut secourir TOUT DE SUITE (avec une subtilité pour l'arrêt cardiaque, mais je vais pas te spoiler toute la formation non plus hein). Tu révises les numéros d'urgence, et non, ce n'est pas surperflu puisque ta copine Neurone Unique s'est plantée sur le numéro des pompiers, deux fois même, et j'ai fait marrer tout le monde, bref, ma vie, ce sketch… on a l'habitude maintenant !

Ensuite, on passe aux choses sérieuses, les cas pratiques où on en vient en aide aux victimes, en cas de : étouffement, hémorragie, perte de connaissance, arrêt respiratoire et cardiaque, malaise, plaie, brûlure, traumatisme. Oui oui, tout ça. Je t'ai dit que j'étais phobique des bobos ? 😀

Bon l'étouffement, ça m'est arrivé avec Bouchette, deux fois, donc un étouffement avec obstruction totale des voies respiratoires, couleur bleue violette et liquéfaction totale de Maman, donc en un sens, je suis vaccinée. On a appris les gestes, sur des adultes, des enfants, des nourrissons et même, les femmes enceintes !

L'hémorragie… Première diapo : "Avez-vous peur du sang ?" avec la formatrice qui demande quelqu'un a peur du sang ici. Ma main s'est levée toute seule jusqu'au plafond, avant même que mon cerveau n'ai entendu la question. Elle me regarde et me demande "mais vraiment, vraiment ou…?" et puis elle a vu ma gueule, je commençais déjà à me sentir mal rien que d'en parler, je sentais le goût dans ma bouche, bref, nausée et sueurs, merci quoi. "Bon, vous allez sortir 5 minutes, le temps de la mise en scène !" Car chaque cas est illustré avec de VRAIES personnes et de VRAIS accessoires. C'est hyper réaliste, je ne m'attendais vraiment pas à ça. C'est donc pas de refus que je me suis mise à l'écart le temps qu'une pauvre victime se vide de son sang (et passe la serpillière après son sauvetage). Mais j'ai quand même fait l'atelier derrière, sans hémoglobine, et je sais faire un pansement compressif. En même temps, Hibou a déjà eu 3 points à la tête, moi aussi, et ma mère s'est déjà fracassé le crâne devant moi, donc bon… je sais qu'en vrai, je réagis, et d'instinct, la phobie du sang m'aide car je comprime les plaies direct pour STOPPER le fucking saignement.

Je vais pas tous te les faire mais bon, sache qu'on s'entraîne au massage cardiaque (et défibrillation) sur des adultes avec des mannequins flippants mais très très bien faits (il faut appuyer bien fort comme sur une vraie personne, les poumons se soulèvent si tu fais correctement le bouche à bouche… etc), mais aussi sur des enfants et même des bébés. Et j'ai appris LE truc : quand tu fais un massage cardiaque, le but n'est pas de ranimer la victime (ça c'est dans Alerte à Malibu tu vois), non en vrai, tu REMPLACES le coeur. D'où que tu dois pas arrêter jusqu'à l'arrivée des secours. Eprouvant physiquement, mais aussi psychologiquement quand tu te dis que c'est TOI qui maintient la personne en vie. C'est une sacrée responsabilité, je trouve.

Et la journée se termine avec une "interro", une mise en situation où tu dois mettre en pratique ce que tu as appris dans un cas de figure concret. Dans mon cas, on est venu me chercher : "C'est ta nièce, elle ne va pas bien" !! J'arrive dans la pièce, victime au sol, seringue à la main, inconsciente. Je dois vérifier si elle est vraiment inconsciente, en lui tenant les mains et lui demandant très fort de les serrer si elle m'entend. Elle ne répond pas. Je vérifie sa respiration, pendant 10 secondes, comme j'ai appris. Elle respire. Vite, je dois la mettre en position latérale de sécurité, pour ne pas qu'elle s'étouffe avec sa propre langue, pour ensuite appeler les secours. Les formateurs ont été sympas, ils ont pitié de ma phobie boboesque je crois, donc j'ai eu un cas soft. Mais nous avon seu aussi une hémorragie, deux arrêts cardiaques, une chute… Bref, et on ne doit pas intervenir quand les autre sont leur cas pratique, on débriefe tous à la fin, ce qui est à la fois convivial et judicieux car ça permet de bien réviser.

Vraiment, un gros gros big up à la Croix Rouge de Clamart car l'équipe est accueillante, gentille, dynamique, va droit au but et met en avant le positif chez tous les participants. J'ai adoré. Et en plus, tu repars avec un fascicule extrêmement bien fait qui résume tout et tu peux revenir quand tu veux refaire la formation gratuitement pour réviser, du moment que tu l'as déjà suivie une fois.

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2 Comments on Passer son brevet de secourisme

  1. Bravo ! tu l’as faite, tu fais donc partie des (trop peu nombreuses) personnes qui savent “sauver” des vies, faire un massage cardiaque et appliquer un défibrillateur (ce qui en soit est facile puisque tout est expliqué mais dont tout le monde a peur !).
    Je suis fière de toi ! 😉

  2. N’oublie pas lors de l’examen de la victime de retirer les objets dangereux.

    Elle avait une seringue à la main, il faut l’enlever et la mettre hors de portée avant de l’examiner 😉 et éviter le SUR-accident.

    Je trouve le SST très complet aussi et qui vient bien se fondre avec le PSC1 car il est liée au mode du travail. Les accidents de travail, maladies professionnelles etc…

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