Je m'étais dit que j'en parlerais plus. J'ai pas envie de me plaindre, ni qu'on me plaigne. Une fausse couche, c'est jamais marrant, j'ai été triste, j'ai été en colère. Puis la paix est venue.

Elle m'a fait du bien, cette paix intérieure. J'ai cru que c'était fini, que j'étais passée à autre chose. Et puis le vide, et puis l'envie. La jalousie même. Un mois après. La vie continue, les cycles féminin aussi. Et cette impression de m'effondrer à nouveau.
 
Je n'ai tellement pas envie d'être la fille aigrie qui rumine dans son coin. Et pourtant, je ressens ce vide si fort, si prégnant. Comme si la vie m'avait fuie, moi et pas elles. Qu'ont elles de plus que moi ? J'essaie de me protéger, j'évite soigneusement les endroits "à risque" (d'où que j'ai refusé d'aller à la maternité pour me faire examiner, entre autres). Mais quoique je fasse, j'ai 33 ans : je suis entourée de femmes enceintes, de nouveau-nés. 
 
Je me réjouis du fond du cœur pour mes amies, et je suis sincèrement heureuse que la vie continue, que le monde tourne et que la ronde des naissances se poursuive. Mais que c'est difficile de s'en sentir momentanément exclue. Comme ce match que tu rêves de jouer mais que tu passe sur la touche. Bien sûr que quand ton équipe marque un point tu es ravie. Mais voilà, il y a ce manque, ce vide. Que c'est difficile de sourire et de dire "Oh mais quelle belle nouvelle !" à la énième annonce. Oui, je vais le dire ici, je me réjouis pour celles qui ont cette chance, mais prononcer ces mots m'arrachent la gueule.
 
Quand j'y pense… On t'avait pas prévu au programme bébé. Alors pourquoi ? Pourquoi débarquer sans prévenir pour repartir en me laissant au bord de la route ?! Pourquoi mon cœur t'a-t-il ouvert les bras sans retenue ni méfiance ? Pour ensuite rester béant.
 
Je suis tellement en colère. Et triste aussi. Je sais qu'il n'y a guère que le temps qui pourra œuvrer en ma faveur, mais en attendant…
 
C'est comme si j'avais perdu la flamme mais que les braises continuaient de brûler en moi. J'ai ce désir ardent de donner la vie à nouveau. Oui j'ai déjà deux enfants que j'aime plus que tout.
Alors quoi, pourquoi ? Pourquoi ne pas se contenter de ce qu'on vit déjà ? Parce que. Le manque ça ne s'invente pas. C'est plus fort que moi, ça me consume, ça me ronge, même. Mon bébé me manque. Allaiter me manque. La peau, les odeurs me manquent. Peut-être bien que je suis folle, comme si deux traits sur un test étaient la garantie d'un bonheur certain à venir ! Je m'étais imaginé tant de choses… Bien plus que ce que je ne m'étais avoué apparemment. 
 
Allez le temps, passe et panse mes plaies, s'il te plait. 
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5 comments on “Et puis le vide”

  1. Comme je te comprends! Déjà 5 mois depuis ma fausse couche et si au début j'essayais de ne pas y penser j'avais toujours l'espoir de retomber enceinte vite et à chaque arrivée de règles c'est la déception… je ne sait pas si tu connais l'application wemoms c'est une communauté de mamans où il y à des rubriques sur tout les sujets avec le groupe des moms ayant fait une fausse couche. Si tu à envie d'en parler. Gros bisous de réconfort

  2. Exactement ce que je ressent en ce moment J ai fait une fc IL y a moins D un mois et malgres le faite que J ai deja 3 filles je ressent un manque enorme et de colere Contre moi meme et surtout envers les autres alors qu ils sont pas responsables  et sa tourne en boucle dans ma tete "pourquoi moi???". Merci pour ton texte

  3. Courage dans cette période difficile. Il ne suffit pas de se raisonner pour combler le vide. Si tu souhaites une nouvelle grossesse, je croise les doigts pour qu'elle arrive vite.

  4. Il y a deux ans aujourd'hui… Je passais cette écho où je n'ai pas vu de petit cœur qui battait… Le temps passe, apaise et arrondit mais n'efface rien… Mon petit treize mois qui gigote à côté dans son lit n'a pas non plus effacé. Lui qui pourtant m'a tout reappris (retard global de développement)… Rien n'arrive jamais par hasard… 

  5. On n'efface pas. Peut-être que cet ange-bébé est venu te faire découvrir à quel point ce 3e enfant était important pour toi. Tu vivras les choses différemment parce qu'il y aura eu lui. Et d'autres se réjouiront pour toi, car tant d'amour, c'est sûr, ne pourra que faire pousser un petit destinataire. 

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