Depuis ce 20 septembre, j'essaie. Je me bats contre moi-même et cette guerre mépuise. Elle me rend triste et irritable, insupportable avec mes proches, ma famille, mes enfants. Je voudrais tellement faire la paix. Avec mon corps, avec mon coeur.

Je suis tellement en colère. Je n'ai pas eu ce que je voulais, ou plutôt, la nature me l'a repris. Hier quelqu'un m'a dit "faire la paix requiert énormément d'humilité. Cela demande d'admettre que VOUS n'avez pas le contrôle. C'est reconnaître humblement que vous ne décidez pas". J'ai passé tant d'années à essayer de me convaincre du contraire. Notre société oeuvre à nous faire croire le contraire. Mais non. Nous ne maîtrisons pas tout. 

Mon corps est magique, il respire, il sent, il vit. Mais je lui en veux tellement, je m'en veux tellement. Je dis souvent que je n'ai pas su retenir cet enfant. Comme si on pouvait savoir. Comme s'il suffisait de vouloir… ça se saurait les gars ! Je lutte depuis des semaines parce qu'une partie de moi n'arrive pas à accepter cette fatalité. Ce. N'est. Pas. Ma. Faute. Ce n'est pas moi qui décide. Je le sais. J'aimerais maintenant arriver à l'accepter, et réussir à me pardonner. Comme toujours, il me faudra du temps, I guess…

En attendant, je regarde encore et encore ces clichés pris par Marion, un jeudi d'octobre chez nous. Alors que la tempête fait rage en moi, j'entrevois dans ces photos un peu de cette paix à laquelle j'aspire tant. Marion est une belle âme. Psychomotricienne, monitrice de portage, maman de 3 enfants. C'est une magicienne de la focale fixe.

Ce n'est pas difficile de se mettre nue devant quelqu'un d'aussi doux et bienveillant que Marion. Ce qui est difficile, c'est d'accueillir ce corps, de lui dire : "tu es mon corps, et je t'aime. Je te pardonne, je me pardonne". Le jour de cette séance, j'étais nerveuse, mais enjouée. Nous avons parlé, moi surtout, parce que le stress me faisait dire tout et n'importe quoi. A aucun moment je ne me suis sentie mal à l'aise, au contraire.

Quand je vois ces photos, je peux le dire, je me trouve belle. Pas d'un point de vue plastique, non (enfin si, aussi). Je me vois belle, parce que j'aperçois mon âme, là, à fleur de corps. Mon âme blessée mais vivante, celle qui se relève et continue d'avancer coûte que coûte, parce que hey, c'est la vie. 

C'est la vie. Je ne maîtrise pas tout. Et bientôt, je ferai la paix, avec mon coprs, avec mon âme.

Merci Marion.

 

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2 comments on “Faire la paix”

  1. Ce texte est sublime autant que ces photos. Continue de prendre soin de toi, d'accepter que cela prenne du temps, que rien n'est anodin dans une fausse couche, que c'est douloureux et que c'est ne épreuve difficile à surmonter. 

    Bon courage.

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