Juste un petit mot ce matin entre deux trains de banlieue, un bus, et le boulot. Juste un petit mot pour vous parler de ma frange.

Ma frange, je l’ai coupée toute seule, un lendemain de cuite, juste avant qu’un petit Hibou ne s’invite chez moi. J’avais lu un sujet hyper sérieux « Frange : DIY » dans un magazine non moins sérieux : Glamour, et après 3 mojitos, j’ai eu la dose de courage qui m’avait manqué jusqu'alors pour me lancer.

Cette frange à instantanément fait partie de moi, elle me représente. « Delphine qui ? – Mais si tu sais, la grande avec sa frange là ! – Ah oui ! » Et puis comme tout le monde, j’en ai eu marre, je me suis lassée, j’ai eu envie de changer. Alors je l’ai laissé pousser. Tous les jours, je voyais ma tronche dans le miroir et je me disais « Allez bye bye la frange ! ». J’ai tenu, tenu, tenu. Je n’ai pas coupé.

Pourtant, tous les jours je soupirais en me voyant. Quelque chose n’allait pas. Mais à quoi bon y penser puisqu'avec « cette mèche qui repousse là, je ressemble à rien ». Petit à petit, je me suis enfoncée. Je me suis oubliée et même, je dirais, maltraitée.

Oh je vous vois, vous vous dites « Nan mais elle est sérieuse, elle, avec ses cheveux ? ». Ben oui. Et si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est qu’il y a quelques jours, j’ai coupé. Comme au bon vieux temps.

Ça faisait des mois que ma tête m’insupportait, et des semaines que je me disais « c’est la frange : ma vieille copine me manque ! ». Mais je ne faisais rien. Je me contentais de soupirer et de me dire « ça ira mieux demain ». En coupant mes cheveux, geste symbolique s’il en est, j’ai coupé les ponts avec ce boulet que je traînais depuis des mois. Je me suis choyée. Si vous ne vous montrez pas douce et aimante envers vous, qui le fera ? Et si vous ne commencez pas par vous aimer et vous respecter en vous octroyant ce qui est bon pour vous, comment arriverez-vous à donner  et à aimer les autres ? (Je ne parle pas de se faire mousser en se regardant le nombril, je pense que tu as compris).

Ces quelques mots ce matin, c’est simplement pour vous dire qu’au fond de nous, nous savons ce qui est bon pour nous, mais que souvent nous l’oublions, ou nous le balayons du revers de la main en se disant « Plus tard… ». Y a pas de plus tard. La vie c’est maintenant. Être nous, c’est aujourd’hui. 

Vraiment, écoute cette petite voix, oui oui, celle qui crie mais que tu essaies de faire taire, ce qui non seulement est épuisant mais vain. Allez, je sais que tu l’entends. Alors n’attends pas, ne t’oublie pas. Tous les matins, demande-toi de quoi tu as BESOIN. Tu verras, c’est un très bon exercice.

Ici, j’avais besoin de temps, pour m’autoriser à être moi et respirer, enfin.

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1 comment on “La frange”

  1. Pas de frange pour moi mais le principe est le même : après la naissance des enfants, je me suis vraiment laissée aller faute de temps, de courage, d'énergie. Et puis il y a 3 semaines, je suis allée chez le coiffeur et j'ai tout coupé. Je suis passée des cheveux longs que j'avais depuis … je ne sais même plus quand à un carré court. Et j'en suis très contente, j'ai une coupe plus travaillée et je revis ! 🙂 

    Ça n'est pas juste une discussion (ou un article ;-)) de "chiffonnières" comme diront certains, c'est vraiment révélateur de qui nous sommes, nous les mamans qui pensont toujours en dernier à nous. 

    Merci pour cet article !

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