Je hurle comme une folle
Qu'elle me laisse donc tranquille
Soudain, mon bras s'envole
Jusqu'à sa peau fragile
Puis je fixe en silence
Ses yeux qui s'écarquillent
Etonnés d'ma violence

Couchée dans l'corridor
Abattue comme une quille
Elle me répète à mort
Que je suis pas gentille
Et devant son petit corps
Qui se recroqueville
J'me confonds en remords
J'ai battu ma fille

Moi qui couvrais de blâme
Tous ces idiots en rogne
Qui disent aimer leur femme
Et du même coup la cognent
Je veux la consoler
Mais je reste immobile
J'ai plus l'droit d'la toucher
J'ai battu ma fille
Je voudrais qu'elle me frappe
je voudrais qu'elle se venge
Qu'elle me rende ma tape
Avec sa p'tite main d'ange
Au lieu d'voiler de larmes
Ses yeux qui me torpillent
Je suis une pauvre femme
J'ai battu ma fille.

Tout c'que j'arrive à dire
C'est: "Monte dans ta chambre
Maman va t'avertir
Quand tu pourras r'descendre"
On dirait ma vieille mère
Faut croire que c'est d'famille
Que c'est héréditaire
J'ai battu ma fille
Tout d'suite, elle m'obéit
Ma foi, je lui fais peur
J'attends qu'elle soit partie
Avant de fondre en pleurs
Je suis inconsolable
Je suis une imbécile
Je suis impardonnable
J'ai battu ma fille
Je sais pas c'qui m'a pris
ça s'est passé trop vite
C'est elle que je punis
C'est moi qui le mérite

Demain, au déjeuner
Je remplirai son bol
D'ses céréales sucrées
Celles dont elle raffole
J'y ajouterai des dattes
Pour que ses yeux pétillent
Comme avant que j'la batte
Ma fille.

J'ai battu ma fille, Lynda Lemay

Des semaines, des mois que je tergiverse, que je m'interroge. Vais-je oser en parler, vais-je réussir à regarder la honte en face et à la défier ?

Depuis que je suis Maman, et encore plus depuis que je blogue, j'en ai lu des articles sur la colère des parents, sur les pétages de plombs en tous genres, sur comment nos enfants ont cette faculté à nous faire sortir de nos gonds. Oui mais voilà. un jour, j'ai franchi la ligne.

Un jour, j'ai mis une claque à mon fils. Et le temps a beau passer, et lui a beau avoir certainement oublié (d'ailleurs, est-il vraiment possible qu'il ait oublié ??), moi c'est une blessure profonde, ouverte, que je garderai toujours. Oui, je suis marquée pour toujours. Je ne vais pas me poser en victime alors que ce jour-là, je suis devenue bourreau, mais n'empêche, je suis marquée à vie.

Je me décide à écrire, d'une parce que j'ai besoin et j'ai envie d'en parler. Par honnêteté. Envers moi, envers mon enfant. Et de deux, parce que je suis sûre que je ne suis pas la seule. Je ne dis pas que tout le monde a ou va lever la main sur son enfant. Non, mais bien des parents ont été à deux doigts. Je me souviens de cet article, qui m'a tellement remuée. Non pas parce qu'il était violent, non. Mais parce que cette Maman, elle, a réussi à s'arrêter à temps.

Moi, j'ai échoué. Et en franchissant la ligne, j'ai failli dans mon rôle de maman. Evidemment que la maman parfaite n'existe pas. Et que je n'ai pas envie de l'être. Mais il y a quand même des limites. Quand je dis que j'ai giflé mon fils, c'est vraiment ça. Lui, si petit, si fragile, si précieux. Agé d'à peine quelques mois, incapable de faire du mal. Et pourtant, aveuglée par la rage, j'ai cru qu'il le faisait exprès. J'ai cru qu'il faisait exprès d'hurler, exprès de refuser le sein, pour ensuite le reprendre et tirer dessus comme un dingue à m'en faire mal, exprès de me regarder avec cette lueur de défi dans le regard. Quelle imbécile ! Quelle folle ! Rien que d'écrire ces lignes, mon coeur se serre, je me sens indigne d'être sa maman, j'en aurais presque envie de crever.

Oui, un jour, j'ai levé la main sur mon fils, alors que ce n'était qu'un nourrisson qui dépendait de moi. Au moment même où ma main à touché sa joue si douce… Ah ! Si je pouvais revenir en arrière… Son regard à cet instant n'était qu'incompréhension et souffrance. Je n'oublierai jamais ce regard. La trahison. Je n'y repense pas tous les jours mais il me hante quand même. "Maman, pourquoi ??" Je ne sais pas si Oscar a eu mal à sa joue, mais il a eu mal à son âme. On dit souvent qu'il n'y a rien de pire que de voir ses enfants souffrir. Il y a pire : quand ils souffrent à cause de nous.

J'ai eu très peur. Qu'Oscar ne m'aime plus, qu'il ne me fasse plus jamais confiance, qu'il ait peur de moi. J'ai eu peur que les services sociaux viennent à la maison pour me le prendre, pour l'emmener loin de la mère indigne que j'étais. J'ai eu peur de recommencer. Si j'ai perdu pied une fois, qu'est-ce qui me dit que je ne recommencerais pas demain ? "Heureusement", je suis suffisament bien entourée pour ne pas garder cet épisode pour moi. Il fallait que j'en parle, que le Papa d'Oscar sache. Ma soeur aussi, mon appui, mon phare dans les méandres de la maternité. Et puis ma psy, pour finir. En même temps que j'ai vidé mon sac ce jour-là, j'ai vidé la boîte de mouchoirs prévue à cet effet dans son cabinet.

Les personnes avec qui j'ai pu en parler sans avoir peur d'être jugée ont toutes voulu me rassurer. Mais voilà, on ne peut pas rassurer une maman qui a franchi la ligne. Quelque part, c'est trop tard, on est déjà allée trop loin. Alors oui, il n'y a pas mort d'homme (même si moi, je suis morte un peu ce jour-là), oui, il y a des chances que lui ne s'en souvienne jamais. Mais n'empêche. Dans un précédent article, je me demandais ce qui faisait qu'on pouvait franchir la ligne ou pas, sans dire que moi, je l'avais franchie. Je n'ai toujours pas de réponse à cette question.

Pourquoi ? Comment ai-je pu ? Je ne sais toujours pas… Tout ce que je sais, c'est que je regrette amèrement ce geste, cette faiblesse, cet échec et que si un jour, vous sentez que vous perdez pied, laissez votre enfant. VRAIMENT. Laissez-le, partez, respirez. Il sera mieux seul à brailler que dans vos bras à recevoir une gifle. Il n'y en a pas eu d'autres chez nous. Il n'y en a eu qu'une. Mais c'était une de trop.

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30 Comments on La gifle

  1. C’est très courageux à toi d’en parler.
    Je n’ai jamais vraiment eu de pétage de câble avec ma fille, lorsque je me sentais plus fragile je la laissais un peu à son papa, quand je le pouvais.
    Ma plus grosse crainte, c’était justement de lui faire du mal. Bon, par contre, je suis une gueularde, j’ai souvent râlé à haute voix une fois dans la pièce voisine, ça défoule bien !
    En tout cas respect pour avoir eu la force d’en parler ici.

    • Merci. Maintenant, effectivement, je crie tel un goret des Carpates, dans un coussin ou toute seule (la follasse) et Dieu que ça fait du bien ! Ou sinon, si c’est vraiment vraiment limite et que le Papa n’est pas là, je mets Hibou en sécurité dans son lit et je vais prendre un bol d’air… Disons que j’ai compris la leçon !

  2. Coucou
    Je ne sais quoi te dire, tu es pleine d’amour pour ton fils, cela se sent dans tes écrits, tellement que des fois ça file le tournis!
    Pourquoi on franchis la ligne? Qu’est ce qui fait qu’on ne le refera pas? Je pense que ta culpabilité t’en empêchera, ça t’a marquée au fer blanc et tu es bien entourée comme tu le dis si bien!
    Je te souhaite beaucoup de courage pour atténuer ta peine, pas pour oublier, pas pour effacer mais pour que tu arrives à vivre avec sans que ça ne t’étouffe!
    Plein de bisous de réconfort!
    (j’adore Linda Lemay, je trouve ses chansons tellement criante de vérité…)

    • Merci Caro ! J’espère que c’est un tournis positif le reste du temps ! 😉 Tu as raison, je n’ai pas envie d’oublier (enfin si, mais non… bref, t’as compris) car tant j’aurai ce souvenir, je suis sûre de ne jamais avoir envie de franchir cette ligne à nouveau.

      Et pour Lynda Lemay, quand je suis tombée sur cette chanson, comment dire… Tout est dit justement !!

  3. waouh, je m’incline.
    Non seulement ton texte est beau mais surtout tu oses en parler.
    J’ai aussi levé la main sur mon fils, je me rappelle de tout, toujours est encore. C’est juste quand tu dis que tu te poses enfin de compte victime parce que tu as fait “le pire”.

  4. Tu ne peux pas réecrire le passé, juste t’en servir pour avancer ! Si ce geste ne t’a pas plu ça t’aidera sûrement la prochaine fois à puiser une autre solution au fond de toi car une chose est sûre, ce n’est sans doute pas la dernière fois qu’il te fera sortir de tes gonds !! Une fois j’ai laissé michoco tout seul à la maison hurler à la mort, j’ai fait 2 fois le tour du pâté de maison, c’était ça ou je le lançais par la fenêtre… heureusement ici les fenêtres ont des barraux !! Effrayant mais c’est peut-être ça qui l’a sauvé… Je m’en voulais à mort, culpabilisais de n’avoir pas su et avec le recul je me suis dit que si c’était à refaire, c’était le mieux que je puisse faire sur le moment vu mon incompétence à le calmer et le trop-plein qui débordait, donc ton conseil de s’éloigner de son enfant me semble tout à fait judicieux 😉

    • Oui, c’est ce qu’il y a de mieux à faire, mais des fois, on n’y arrive pas. Je ne sais pas pourquoi, il y a une part de moi qui refuse d’abandonner alors que c’est complètement fou. Depuis, j’ai déjà fait plusieurs fois le tour du pâté de maisons, et en général arrivée au bout de la rue, je suis redescendue dans les tours, et je cours à la maison en mode “Oh mon pauvre petit bébé !!!” 😉

  5. Ton courage d’en parler m’a laissée sans voix. Ce que tu as vécu ne m’est pas arrivé, mais j’imagine ta souffrance. Le commentaire précédent est trés juste, cette douleur va te servir à avancer. courage.

  6. J’ai écris un billet beaucoup plus violent sur ce sujet il y a quelques mois… Ce regard de défis je l’ai aussi vu dans mon petit bonhomme de 3 mois, cette impression qu’il le faisait exprès, pire encore, qu’ils étaient les 2 nés pour me pourrir la vie… Parfois j’y pense encore, parfois une fessée ou une gifle part, puis je m’en mord les doigts, parfois je m’en remet une quand je suis seule parce que je me dégoute…
    Mais le problème c’est que nous ne sommes que humaines et malheureusement la fatigue, l’épuisement, les hurlements, on est pas fait pour s’en accommoder…
    Tout le monde fait des erreurs, l’important c’est de s’excuser….

    • Je ne suis pas du tout d’accord Marine : l’important n’est pas de s’excuser. L’important est de faire en sorte de ne pas recommencer, comme Delphine à travers sa démarche. S’excuser c’est littéralement se trouver des excuses, ce n’est pas penser à l’autre.

    • Tes paroles sont vraies, l’être humain n’est PAS fait pour endurer autant de fatigue et de pleurs. Mais ça, j’ai mis beaucoup, beaucoup de temps à me l’avouer. Parce que le comprendre c’est une chose (et ça arrive vite en général avec un tout-petit lol), mais réussir à l’accepter, alors là… c’est une autre histoire !

  7. l’important, c’est surtout de se comprendre. Et là, je crois que tu as fait cette démarche si importante. Comprendre pourquoi… Moi un jour, c’est une tape sur les fesses, sur la couche, alors qu’il avait quelques mois. Et j’en étais malade, moi aussi. Grâce à ce message, tu te rends compte, et c’est important que nous, ici, nous te comprenons, que nous connaissons cette honte, cette douleur. Appelons ça une leçon. On se sent si mal qu’on ne recommencera sans doute pas, habitées que nous sommes par ce méchant souvenir…

    • Oui, une leçon de vie, c’est clair. Quelque part j’aurais aimé ne jamais avoir à l’apprendre et en même temps, je crois que c’est inévitable. Du moins, de ressentir cette pulsion de désamour (je n’arrive pas à dire haine, c’est impossible pour moi) et ce ras-le-bol. J’aurais juste aimé ne pas passer à l’acte…

  8. Je comprends, hier soir il m’a fait péter un câble, j’avais mal à la tête et j’étais crevée de la journée, bien sûr il était insupportable. Je lui ai mis un claque sur la main, on pourrait dire que c’est rien, mais il a regardé sa main et il m’a regardé. Purée j’ai eu honte… Je ne le referai pas, par contre on le met au coin dès qu’il dépasse les bornes, genre répéter 47 fois la même chose et lui qui te regarde avec son sourire genre “bah quoi”. J’ai vraiment envie de ne pas lever la main sur mon fils, je me suis fait la promesse car chez moi les claques pleuvaient beaucoup mais elles ne servaient à rien… Il y a d’autres méthodes et ton fils ne t’en tiendra pas rigueur ne t’inquiète pas, il sait que tu fais le mieux, et comme tu le dis il n’y a pas de parents parfaits 🙂

    • Mais je trouve que c’est encore différent avec un Petit Pois de 16 mois ! Hibou n’en avait que 4 ou 5 et même si je ne suis certainement pas pour réprimer physiquement un enfant de 2 ans, je trouve qu’il y a quand même une différence. A partir d’un certain âge, il y a l’intention et la notion de “bêtise” qui arrive. Là, pauvre Hibou n’avait ni l’intention, ni rien… 🙁

  9. Tu as eu un geste malheureux. Pour moi ce n’est pas battre car tu as réalisé de suite. Sérieux c’est pas facile a gérer au quotidien les enfants. Ils crient ils pleurent et nous sommes des humains. La solution se trouver de l’espace dans sa tête pour évacuer quand on ne peut pas les éloigner même un peu. Tu as réalisé ton erreur. Tu ne recommencera pas sauf plus tard surement quand ce sera si ça l’est necessaire.

    Gros bisous

    • Mais pourtant y en a de l’espace vide dans ma tête !! Là où y avait mes neurones avant ! Je comprends pas !!!! En tout cas, oui, j’ai réalisé mon erreur et je n’ai pas recommencé. Je me contente de souffler dans les bronches de Hibou maintenant et quand il n’écoute pas, je ne le prends pas pour moi et JE ME CASSE ! Ah, et je mange du chocolat aussi, beaucoup de chocolat…

  10. Merci pour ce billet, vraiment merci d’avoir eu le courage de l’écrire.
    Pendant ma dépression post partum, souvent j’ai du lutter contre moi-même pour ne pas lui tomber dessus. Et un jour j’ai craqué, elle hurlait depuis plus de 2 heures. Deux heures ininterrompues, horribles, stressantes, presque traumatisantes. Ma main est partie. Pas sur la joue, mais sur son bras. Elle s’est tue instantanément, m’a lancé un regard plein d’incompréhension, je dirais même de peur, puisque je lui ai hurlé dessus de la fermer au moment où ma main est partie.
    Elle s’est remise à pleurer, et moi aussi. Je l’ai prise dans mes bras, me suis excusée des dizaines de fois, j’ai tenté de la consoler. En vain.
    J’ai eu peur de l’avoir traumatisée, qu’elle ne me fasse plus jamais confiance, qu’elle ai peur de moi. Mais ce n’est pas le cas.
    Aujourd’hui, 9 mois après, je m’en veux encore. Mais je ne l’ai plus jamais fait. maintenant, quand elle me pousse à bout, je la met en sécurité dans son parc, et je sors 5-10min de la maison, le temps de me calmer. Et en général, quand je reviens, elle est calmée aussi.
    Donc ton conseil de laisser bébé et de sortir, bien sur, je confirme à 200%.

    • Je vois dans tes mots que nous avons vécu la même expérience. Tu décris comme si tu avais vécu la scène au ralenti, comme si ta main avait dépassé ton coeur, et qu’au moment de tout stopper, il était déjà trop tard… Je comprends tellement… Je mets aussi Hibou dans son lit quand j’en peux plus et je me casse. Mais j’ai aussi remarqué que ma patience avait grandi, un peu de façon exponentielle. Je crois qu’au fur et à mesure que Bébé grandit, on devient plus zen !

      • Même si c’est difficile, c’est quand même “rassurant” de savoir qu’on est pas seules.
        Oui, je l’ai vécu au ralenti, c’est exactement ça…..comme quand tes mots dépassent ta pensée, mais qu’il est trop tard.
        Quand à savoir si je deviens plus patiente…..franchement je ne sais pas. C’est comme si le baby-blues était encore là par moments, tapi dans l’ombre, ne demandant qu’à ressurgir, qu’à m’emporter une seconde fois. Mon geste à cet instant était lié à mon état. Et si cet état revenait? Je sais que je ne recommencerais pas, mais je sais aussi que ma patience n’a pas tellement grandit. C’est juste que j’ai appris à me contrôler, à prendre sur moi, à tenir suffisamment longtemps pour avoir le temps de quitter la pièce….

  11. Lire ton article a fait surgir des larmes dans mes yeux. User de violence contre ma fille… J’en ai une peur viscérale ! Combien de fois n’ai-je pas eu envie de lâcher prise, de laisser libre cours à ma colère, à mon désespoir ?

    Il m’est arrivé à plusieurs reprise d’user de violence verbale contre ma petite bulle. Un jour, quand elle n’a pas voulu se coucher et qu’elle criait de toutes ses forces sans chercher à voir les gestes réconciliateurs que je faisais, les caresses et les baisers sur son front, j’ai craqué. J’ai jeté sa couette loin du lit et j’ai crié : “et bah, lève toi, vas-y, lève-toi ! Qu’est-ce que tu attends ?” Je l’ai un peu poussée avec la main. Elle a pleuré de plus belle, elle s’est laissée pousser sans résistance, je sentais de la détresse en elle, de l’incompréhension, la sensation d’être abandonnée. Je me suis jetée contre elle pour la caliner, je me suis excusée. En fait, c’était la première fois que j’osais m’excuser pour un tel excès d’humeur, les autres fois j’avais trop honte.

    Peut-être est-ce par manque de maturité, mais souvent j’en veux à mon mari et “aux autres” de me laisser ainsi démunie, seule avec ma fille, sans voix de recours si ce n’est mon propre courage…

  12. Lire ton article m’a fait surgir des larmes dans les yeux. User de violence contre ma fille, j’en ai une peur viscérale ! Et pourtant j’ai déjà eu des excès de violence verbale contre elle. J’ai crié contre elle ma perte de patience, je l’ai même un peu poussée de la main. A chaque fois, je la voyais encore plus démunie, pleine d’incompréhension, effrayée à l’idée d’être abandonnée, elle se laissait faire mollement.

    Ce n’est que tout récemment que j’ai eu le courage de lui demander pardon. Avant j’avais trop honte, je la consolais, mais je n’osais pas avouer ma faute.

    Peut-être est-ce par manque de maturité, mais lorsque cela m’arrive ou lorsque que j’échappe de peu à la colère, j’en veux à mon mari et “aux autres” de me laisser ainsi démunie, sans autre recours que mon propre courage.

    • Ce n’est pas un manque de maturité que d’en vouloir aux autres, il faut bien trouver des responsables ! Dis-toi que moi j’en ai voulu à mon propre fils, un nourrisson !!! On fait tous ça ! C’est dur pour moi mais quand ça m’arrive, je me force à en parler à mon mari, je crève l’abcès, c’est parfois houleux mais au final, c’est un mal pour un bien et il comprend qu’Hibou et moi avons besoin de lui, de son aide, de sa présence !

  13. C’est la boule à la gorge et les larmes aux yeux que je te lis. Je savais qu’il serait dur et j’ai préféré attendre “le bon moment”.
    Nous sommes incroyablement sur la même longueur d’onde, ce billet que tu viens d’écrire, je le songe depuis des semaines. Nous pourrions échanger sur le sujet bien que cela ne ferait que raviver la douleur que nous vivons. Le pas est franchi, plus jamais nous pourrons dire “Je n’ai jamais frappé mon enfant” mais comme le dis si bien Claude Halmos, ce que nous vivons est tout naturel. Ce que nous vivons est la cause de toutes ces personnes qui prônent la non violence et la bienveillance à tout va pour nous faire davantage culpabiliser.
    Certes, c’est impardonnable mais est-ce à ce point punissable ?
    Il ne faut jamais perdre de vue que nous sommes humains, avec nos moments de fatigue et d’incompréhension c’est ça aussi être parent !

    • J’ai écrit cet article et les larmes ont roulé sur mes joues, comme chaque fois que je m’attarde sur ce souvenir atroce. Comme tu dis, plus jamais nous ne pourrons dire “je n’ai pas frappé mon enfant” et c’est très difficile à accepter (d’ailleurs, je n’ai pas encore réussi en ce qui me concerne). Je suis bien d’accord avec Cloclo, rien de pire que la “fausse” bienveillance, celle qui se veut moralisatrice et culpabilisante. Heureusement, voir un(e) psy permet de se rendre compte de son humanité, de sa propre laideur et de ses propres failles sans que celles-ci ne nous paraissent inacceptables mias juste “humaines” et “normales”. Merci de ton mot ma Juliette ! <3

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