La vérité, c’est que j’avais dit que j’en parlerais plus, que je n’avais plus envie d’en parler. Si seulement…

La vérité, c’est que ça me ronge.

La vérité, c’est que mon bébé me manque. La vérité, c’est que j’aurais dû commencer à le sentir bouger, là, à l’approche de Noël.

La vérité, c’est que quand la neige est tombée dimanche, je n’ai pas pu m’empêcher de me souvenir de ce rêve fait longtemps, bien longtemps avant d’avoir mon premier fils, ce rêve où, enceinte d’une fille, je ressentais les premières contractions en voyant tomber la neige.

La vérité, c’est que je suis amère, pour ne pas dire aigrie et que chaque annonce de grossesse, chaque nouvelle naissance me fait aussi mal que si on remuait un immense couteau dans ma chair.

La vérité, c’est qu’à chaque femme enceinte que je croise, je suis pétrie de jalousie, de colère et d’envie.

La vérité, c’est que quand on me dit « Oh bah dis-donc, c’est quoi cette petite brioche ? C’est le petit troisième ? » j’ai littéralement envie de tuer la personne qui se permet cette familiarité.

La vérité, c’est que plus j’essaie d’oublier, de tout effacer, moins j’y arrive.

La vérité, c’est que j’écris ces lignes en chialant comme une madeleine parce que tu n’as pas voulu de moi, et ça, faut croire qu’on s’en remet pas comme ça.

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4 comments on “La vérité”

  1. Moi je chiale comme une madeleine aussi de te lire. Comme je te comprend. J’ai perdu mon bébé il y a un mois et demi, et pour le monde entier c’est déjà du passé alors que moi j’ai besoin d’en parler, d’en parler et d’en parler encore et encore. Ils ont existé ces bébés. Ce sont nos enfants. Je lisais un article où tu parlais de ta fausse couche quand j’étais hospitalisée en espérant que ça tienne, en priant pour ne pas connaître ta peine. Aujourd’huI malheureusement, je te comprend. On ne guérira jamais complètement, mais les plaies peuvent peut-être se refermer, un peu, peut-être, avec le temps. En tout cas, pour toi comme pour moi, je l´espere de tout cœur…

  2. J’ai perdu 5 bébés, certains très tôt (a 5sa) et 1 très tard (à 39sa). On ne guérit pas vraiment je crois, on met un pansement sur nos plaies pour continuer à vivre, mais sincèrement il ne tient pas très bien ce pansement!!!

  3. Je vous lis souvent . Sans jamais commenter . Je ne peux que comprendre cette douleur meme si nous sommes dans des situations différentes . Je suis enceinte de 25 semaines , mon deuxième enfant , un garçon après une fille . Les médecins nous ont dit il y a peu que notre bébé est malade , qu’il ne pourra pas avoir de vie normale , qu’on se prépare à le perdre …
    alors le temps n effacera pas nos peines , nos douleurs mais j’espère qu’un jour ce sera moins douloureux.
    Courage et bonne fête à vous et à votre famille

    • Je ne sais que te dire… Ici je m’autorise à être triste et depuis que j’essaie d’être en phase avec mes émotions, ça m’aide à voir aussi ce qu’il y a de positif dans ma vie. Cela n’empêche pas les moments de doute, de colère et de tristesse, mais c’est tout ce que j’ai trouvé.

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