Deux-freres

Depuis quelque temps, je m'interroge. Souvent une même question qui revient : comment peut-on être si proches et si différents ? Je veux bien sûr parler de mes deux fils ! Deux frères, un patrimoine génétique commun et pourtant, tellement, tellement de différences que je me demande parfois si les deux viennent bien du même endroit !

Bien sûr, je ne m'attendais pas à avoir des clones, et je suis ravie de voir que chacun a son petit grand caractère, oui, oui, même Bouchette du haut de ses 6 mois ! Mais je ne pensais pas me dire 1000 fois par jour "Mais c'est dingue, l'autre ne fait pas ça du tout !" ou bien "Incroyable ! Je n'aurais jamais cru qu'il réagisse de cette façon !". Parce qu'avoir deux enfants, ce n'est pas comparer sans arrêt, mais un peu quand même. Entendons-nous bien, je parle du CARACTERE, de la TREMPE, de la PERSONNALITE. Comparer les progrès et le développement psychomoteur, jamais de la vie ! Je ne le fais pas entre mes enfants et ceux des autres, je ne vois pas pourquoi je le ferai entre mes fils.

Avoir deux enfants, c'est aussi se dire qu'on "connaît" un peu, qu'on gère. Comment te dire ? Et bah nan ! Enfin si, un peu. Mes gestes sont moins gauches, j'ai gagné en assurance, en rapidité, en organisation. Mais bon sang ! Je passe mes journées à être déstabilisée, à devoir me remettre en question encore et encore, à perdre mes repères.

Après presque 2 ans passés à élever Hibou, à le voir grandir, à tisser des liens, à construire une relation unique avec lui, voilà que je dois tout recommencer, repartir de zéro avec son frère. Peut-être que j'ai oublié. Peut-être que cétait comme ça avec Hibou. peut-être qu'au contraire, ça n'a jamais été comme ça. Mais chaque jour, Bouchette me repousse dans mes rentranchements les plus intimes, il me pousse à aller chercher toujours plus loin, dans mon coeur, dans l'amour que je lui porte.

Hibou a toujours été placide. Oui, il y a eu des moments pénibles, des réveils nocturnes, des poussées dentaires, des tétées chiantes mais dans l'ensemble… Je me souviens d'un bébé certes actif mais zen, confiant. Il n'avait pas ou peu besoin d'être rassuré, savait jouer seul dès le plus jeune âge. Et heureusement sinon : 1- je serais devenue folle (enfin plus que maintenant je veux dire), 2- Hibou serait resté fils unique, je te l'dis !

Et c'est bien ça qui me déstabilise le plus : ce besoin d'être sans cesse rassuré. Bouchette a BESOIN de ma présence TOUT LE TEMPS. Ou du moins, d'une présence. Souvent, les auxiliaires de la crèche me disent "Journée chouin-chouin pour Bouchette, vous savez ?" Oooooh oui, je sais, te fatigue pas ! Ce genre de journées (pratiquement toutes en fait) où tu ne peux pas le poser, car il hurle ; où tu ne peux pas sortir de la pièce, car il hurle ; où tu ne peux pas t'occuper de son frère, car il hurle. Bouchette est TRES demandeur. A peu près 7053428 fois plus que son frère.

D'une, j'ai pas été habituée donc bonjour la claque et de deux, je CROYAIS avoir de l'expérience avec les enfants, comme j'en avais déjà un. Si j'ai appris une chose, c'est qu'en fait, avoir de l'expérience avec UN enfant, c'est avoir UNE expérience et pas DE l'expérience, grosse nuance.

Là où Hibou jouait seul pendant des heures, je passe mon temps à cajoler son frère, à le porter tout contre moi, à le regarder dans le blanc des yeux parfois même. Je me souviens de ce moment à la maternité, la première fois où je me suis retrouvée seule avec lui. Je me suis dit "A nous deux mon petit bébé !" et puis je l'ai regardé et je me suis dit "Merde ! Mais c'est qui, lui ? On se connait, et pourtant tu es un étranger ! Quel est ton caractère ? Qu'est-ce que tu aimes ? Ou pas ?"… Je ne savais pas. Evidemment, la comparaison s'est imposée d'elle-même. Avec Hibou, j'ai tout un tas de rituels, ceux du lever, ceux du coucher, ceux du change, ceux des ruses pour désamorcer une colère ou lui faire manger ses carottes, mais toi, toi, comment vais-je faire, comment dois-je faire avec toi ?

Je me suis sentie perdue. Pas vraiment le baby blues, parce que je ne pleurais pas, je n'étais pas triste, je n'avais pas peur d'être une mauvaise maman, j'étais bien entourée. Non, juste perdue comme dans "quel est le chemin ?"

Les premiers mois, ou plutôt les premières semaines, j'ai fait comme tout le monde quand il est perdu et que le GPS est en panne : au feeling, en se basant sur ses acquis. Oui… je crois que c'est par là, il me semble qu eje suis déjà passée dans cette rue. Sauf que force a été de constater que ce fut un échec? Cuisnat, même. Car à part la jaunisse au 3e jour de vie, vous n'avez décidément rien, mais alors RIEN en commun, mes bébés !

Je suis heureuse de ces différences qui vous enrichissent et qui enrichissent notre famille, évidemment. Mais j'avoue que parfois j'aurais tellement apprécié pouvoir me reposer sur mes acquis et me dire "Ah ça, je sais faire !'

Là où Hibou a été diversifié en une semaine et où il mangeait un petit pot entier dès le premier essai, Bouchette a commencé il y a un mois et prend une à deux cuillerées le midi. Là où l'un dormait peu mais bien, l'autre ne dort pas DU TOUT. Là où l'un partait en exploration de son corps, de son habitat, l'autre reste clampé au sein de Maman.

Souvent, je me demande si ça vient de moi. Si je n'ai pas changé? Si je ne suis pas encore plus mère poule avec Bouchette qu'avec Hibou (sincèrement, je vois difficilement comment je pourrais être encore plus poule), si inconsciemment je ne veux pas en faire un bébé glu car c'est mon deuxième, mon petit, mon dernier (enfin jusqu'au prochain hahaha)… mais en toute honnêteté, je ne le pense pas. Ou alors, si, forcément un petit peu, je ne suis pas avec lui comme je pouvais être avec son frère, justement parce que lui n'a pas été et ne sera jamais "enfant unique temporaire". Mais n'empêche, ça n'explique pas tout !

Le 3 novembre, Bouchette a eu 6 mois. Je vois et je sens que nous commençons à trouver nos marques. Nous deux, mais aussi lui avec Hibou et Hibou avec lui, et nous tous ensemble, avec Papou… En conclusion, je voudrais donc juste adresser un message d'espoir à toutes les mamans qui attendent un 2e enfant, à celles qui ont deux enfants rapprochés et même aux autres, qui peuvent peut-être se sentir perdues : courage, ça ne dure pas toute la vie !

 

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14 Comments on Le jour et la nuit

  1. Joli texte tellement vrai j’ai deux garçons de deux et quatre ans et je me suis retrouvée dans votre écrit…
    J’ai plus galéré avec mon deuxième que mon premier…
    Pour mon premier ça coulait tout seul et c’est toujours le cas…
    Petit aucun pleur, nuits a 7 semaines… Il dormait et mangeait
    Mon deuxième a deux ans a encore du mal à faire ses nuits, a beaucoup pleuré petit…
    A beaucoup chouiné quand il ne savait pas encore marché…
    Il ne peut être le même que le premier… C’est un autre petit être et puis il n’a jamais été fils unique… A toujours du partager sa maman et je pense que cela joue beaucoup sur la personnalité…
    J’aime leurs différences… J’aime parler de l’un et de l’autre… De mes deux petits êtres bien différents… Que du coup j’aime différemment mais tout autant!
    Merci pour votre joli texte, au plaisir de vous relire !
    Beaucoup d’amour et de patience et tout ira!
    Une maman débordée et comblée

  2. Ton 2ème me fait penser à mon fils, qui a été et qui est toujours ultra demandeur! les premiers mois m’ont marqué par le point d’épuisement que j’ai atteint. Nous étions novices, fraichement parents, et on s’est pris en pleine tronche les besoins intenses de notre fiston. Alors, oui clairement, cette première expérience a quasiment failli ne pas me donner envie d’un 2ème (l’angoisse je te raconte pas, que le 2ème soit pareil, ou plus demandeur encore, ne pas pouvoir gérer un bébé avec mon 1er qui me sollicite constamment, etc). Oh oui, heureusement, comme tu le dis, ça ne dure pas toute la vie!! (sinon, il me faudrait une chambre en clinique de repos).

  3. J’ai vécu (et vis encore en fait) tout cela….mais à l’inverse!
    Little n’a jamais dormi à part un petit peu la nuit, n’a jamais su s’occuper seule, n’a toujours voulu que moi, moi et encore moi….et du haut de ses 4 ans 1/2 eh bien c’est encore le cas!Je l’appelle mon pot de glu….j’aime qu’elle ai envie d’être avec moi….un peu….là c’est trop et ça en est presque invivable (surtout pour l’écoule….youhou la grosse joie des hurlements chaque matin et des soirs d’angoisse sans manger!….youho le rdv avec la maîtresse tout bientôt…).
    Alors quand j’ai été enceinte et tout au long de ma grossesse j’angoissais.
    Cependant mini est différente, elle ne dormait pas beaucoup la nuit (c’est encore le cas, à 3 ans elle me réveille au moins 3 fois par nuit…) mais s’occupait seule, acceptait d’être avec n’importe qui ou presque, fait sa life, est heureuse et indépendante (tout en ayant besoin de revenir vers moi 5 minutes de temps en temps).
    Où little ne mange rien, mini goûte et aime tout.
    Où little pleure, refuse, se braque, mini est contente et fait.
    ….mais que je suis contente d’avoir vécu cela dans cet ordre! Quel claque tu as du prendre….
    Je te rassure donc on survit, parfois mieux parfois avec des pleurs, et si tu as besoin de parler n’hésite pas. Je ne pourrais pas t’aider car je n’ai pas de solution, mais juste parler et savoir que l’on n’est pas seule ça peut faire du bien 😉

  4. Je me reconnais tellement en toi c’est dingue!mon deuxième est pareil une vrai glu il a besoin de me chercher du regard me sentir près de lui sinon ça ne va plus et ma première était un bébé calme zen comme tu dit et lui déjà embêter avec des coliques heureusement que je connais l’écharpe de portage parsque je pète rais un cable

  5. J’adore ton article! Bébé 2 n’a pourtant que 3 semaines et elle me déstabilise déjà. Souvent je me dis “mais sa soeur ne faisait pas ça”. On pense savoir faire mais comme tu dis, chaque bébé est unique avec sa propre personnalité et ses propres besoins.
    Il est 5h du mat’, après avoir à 3 heures bébé Sushi a mis 2 heures pour s’endormir (dans les bras bien sur), on a beau chercher le moyen de faire autrement on ne trouve pas. Sur ce je vais essayer de retrouver le sommeil pour environ 2/3 heures.
    En tout cas, tu es une super maman j’en suis persuadée 🙂
    Biz

  6. Votre 2 eme me fait penser a ma fille, Léna es pareil très demandeuse, elle ne supporte pas d’être seul, petite elle hurlait dé que je sortait de son champ de vision aujourd’hui a 18 mois ces “mamà mamà” toute les 2 secondes et si je change de pièce elle court derrière moi. Elle es très caractérielle aussi et ses très bien se qu’elle veut, parfois je me demande si ses de ma faute, si j’ai mal fait a un moment mais au final je penseque ces tout simplement son caractèrea elle. Elle a 18 mois et je suis enceinte de 24 semaines d’une deuxième princesse on a toujours voulue des enfants rapprocher mais je doit avouer que parfois je me demande a quoi vont ressemblé nos journées .

  7. moi c’est mon premier qui était tout collant et qui commence à vivre sa vie. Si ça se trouve, petite soeur va être une vraie aventurière, va savoir !!! en tous cas, je retiens la leçon, je garde ça en tête !!!!!

  8. 4 enfants à ma maison (4 garçons ), ils ont été et sont tjrs très différents les uns des autres … C’est à chaque fois des: comment je vais faire ça ?! Comment je vais gérer ça ?! Il m’a pas fait ça n* Intel !! Mon dieu vont me rendre folle.
    Mes derniers (15mois d’écart) me font souvent penser au tiens (le denier ne veut pas être seul, il hurle quand il est seul au réveil, quand il a faim, quand t’es au wc (d’ailleurs y’en à tjrs un derrière la porte lol).
    La seule chose commune à mes enfants: ils ont fait grève de leurs lit/chambres pendant bien longtemps

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