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Tu viens de partir. Pas loin, pas longtemps. Mais mon coeur de maman saigne tellement fort. Un an et demi que mon rôle dans la vie se résume à toi. Et tu n'es plus là.

C'était prévu, préparé de longue date et pourtant c'est comme si on venait de t'arracher de sur mon coeur. Je pleure comme une idiote en criant : "Mon bébé !!! Mon tout petit bébé !!" Ridicule… Tu n'es pas mort. Tu vas revenir. Après-demain. Tu n'es plus si petit non plus. Et pourtant.

Il me manque toi. Le centre de mon univers. Mère juive, mère poule, fils à maman… je m'en fous, je sens juste ce trou béant dans ma poitrine. Il me manque TOI.

Je suis faite pour ça. Pour toi. C'est ma fonction sur Terre. M'occuper de toi. Alors pourquoi, au travers de mes larmes, je ressens de la peur ? La peur de m'être perdue en chemin, oubliée. Depuis quand ne vive-je que par toi ? Depuis ta première seconde de vie ? Ou est-ce que le temps a travaillé en ce sens ?

Les deux, je crois… Mais et moi dans tout ça ? Je suis et je serai toujours ta Maman. Je crois que je le suis avant toute autre chose. D'autres Mamans te diront qu'elles sont d'abord femmes. Ou épouses. Moi je suis mère. C'est ma nature. Bien sûr, comme beaucoup de Mamans, je ne le savais pas avant toi.

Mais je ne veux pas n'être QUE ça. Ton absence me fait mal et me dérange. Parce que tu n'es pas là, parce que tu vas te passer de moi et moi de toi. Mais aussi parce que pour la première fois depuis tout ce temps, je reste seule, face à moi-même. Ça me dérange parce que je le vis mal. Je devrais me réjouir, j'ai 3 jours POUR MOI. Pour sortir, me reposer, prendre l'air, me faire une manucure, laisser traîner mon verre de coca à moitié vide et la télécommande, lire jusqu'à 2h du matin, faire pipi la porte ouverte, écouter la musique à fond les ballons, manger du chocolat vautrée sur le canapé… Et pourtant…

C'est comme si j'avais perdu l'envie, le goût de tout ça. Comme si avec l'arrivée de cette identité de Maman, j'avais perdu toutes les autres : travailleuse, sportive, amie, soeur, tante… Oui je me suis oubliée en chemin, je crois.

Je crois aussi que je le savais. Depuis longtemps, et que pour ne pas le voir, j'ai foncé tête baissée encore plus vite, encore plus loin dans la maternité, me coupant toujours plus du reste, de la VIE.

Je sens bien que je veux me retrouver. Mais j'ai l'impression que quelque part, ME retrouver c'est accepter de TE perdre un peu. Et je n'y arrive pas. Je ne peux pas me résoudre à perdre une seule miette de toi. Comment on fait ? Quelqu'un aurait-il le mode d'emploi SVP ?

Je refuse d'être cette Maman qui ne vit que pour et par ses enfants. Quel fardeau ! C'est trop pour un enfant de sentir qu'il représente TOUT. Tu donnes un sens à ma vie, mais je ne veux pas que tu sois ma vie. Tu es mon Nord. Mais même le nord a besoin des autres points cardinaux pour exister, pour que le monde fonctionne.

Je veux retrouver mes autres points cardinaux. Je veux atteindre l'équilibre. Tu m'aideras, dis ?

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12 Comments on Le jour où je me suis perdue…

  1. Ton texte est poignant. Je crois que les circonstances sont contre toi aussi car se retrouver vraiment seule c’est dure, même en n’étant pas une maman poule (quand PapaCoq est avec moi je kiffe la vie “sans” enfants mais en février j’ai cru que j’allais me pendre…)
    Et puis la grossesse et les hormones nous font nous accrocher plus fort à nos enfants, notre famille…
    grâce à ton blog de “maman” tu as l’air d’avoir fait de nouvelles rencontres amicales et tu t’épanouie malgré les tuiles donc tu nebte perds pas vraiment, tu grandis 😉
    Mais cette prise de conscience peut t’amener à réfléchir à une activité juste pour toi (te donner un rdv tous les dimanches à 22h pour un gommage ou manucure à defaut de faire une activité extérieure)
    Allez, respire wondermum et continue!

    • Merci de tes mots <3 Par contre le gommage à 22h, euh... déjà que me laver est une option maintenant que Bigorneau nous a rejoint alors le gommage... comment dire... on verra l'année prochaine haha ! 😉

  2. J’ai la même peur que toi, de ne vivre que pour mon fils et oublier le reste de ma vie de femme, d’ado (oui dans ma tête je suis encore une ado) et ma vie de couple. J’ai envie de retrouver ces moments simple de vie, de profiter de l’instant présent, de prévoir des trucs mais c’est pas trop possible car ce petit bout a besoin de moi et je ne peux pas le laisser dans un coin. Il faut qu’il me suive, partout où que j’aille et que je le nourrisse, surtout que c’est un bordel, la façon dont je m’y prend et ça me limite beaucoup pour le moment, je ne sais même pas comment m’organiser pour pouvoir aller chez la coiffeuse sans pour autant me pointer sans RDV et dire “Bonjour, je voudrais une pièce montée sur le crâne, vous avez 3 heures car je nourris mon enfant” la même chez les gens, je ne pourrais pas à tous les coup m’installer comme je le fais chez moi, du coup, tétée avant de partir et on repart avant la prochaine mais ça passe vite. Mon soucis : c’est le bout de sein, je n’ai pas la chance d’avoir des mamelons très protubérants qui facilite la mise au sein donc il faut que j’utilise ce petit bout de silicone, qui, parfois, fous le camp ou se fait éjecter par mon fils alors que le réservoir est plein et en fous partout sur les vêtements… Bref, j’ai encore du boulot quoi… Avant de pouvoir profiter ne serais-ce qu’un peu de MA vie.

    • Hahaha ! Je prends le temps de lire ENFIN les commentaires et maintenant que Bigorneau est là, je compatis +++ Je connais trop les sorties chrnonométrées en mode “Faut être rentrés pour telle heure car monsieur aura faim” et tutti quanti ! Je vois que tu as persévéré dans ton allaitement (cf ton com de ce soir sur la page Facebook) et je t’admire pour ça ! Ton Loulou a de la chance de t’avoir pour Maman ! 😉

  3. Je crois que j’aurais pu écrire ton article tellement tes mots me parlent.. Etant à la maison tous les jours avec Noé il est mon univers et les rares fois où je me suis retrouvée sans lui j’avoue que je ne savais plus trop comment faire. C’est dingue comment il a pu changer ma vie en à peine 15 mois et je prend tellement de plaisir à passer mon quotidien auprès de lui que des fois j’en viens à me dire que ce n’est pas grave finalement si on sort moins, si on dort moins, si je suis obligée de me changer 3 fois par jours parce qu’il fait la voiture ou éternue la bouche pleine, ou qu’il me confond avec sa feuille de dessin.. Oui ça me manque de ne plus travailler, oui ça me manque de ne plus pouvoir faire ce que je veux quand je le veux, oui ça me manque de ne plus faire la fête mais je me dis que les souvenirs que je garde des moments partagés avec mon fils eux ils me suivront toute ma vie, et pour lui aussi contrairement à d’autres plus banals, soirées etc.. Je ne considère pas que je suis sur uniquement une Maman, je suis une fille, une femme, une épouse et quand quelqu’un garde Noé je profite mais il est toujours dans un coin de ma tête.. ^^

  4. ne t’en fais pas, tu réagis comme ça surtout parce que c’est la première fois que vous êtes séparés aussi longtemps. Les angoisses de séparation, ça vaut pour la maman aussi 😉 J’ai vécu ça au moment de ma reprise du boulot, j’ai beaucoup souffert et je me suis aussi posé des milliers de questions. Au final, tout rentre doucement dans l’ordre, avec l’aide de ton mari et de ton Hibou qui saura te faire comprendre quand tu seras “trop” 😉 Peu à peu tu vas réapprendre à vivre pour toi, à te réinventer en tant que femme (et pas que maman). Fais toi confiance, sois indulgente avec toit-même, ne te mets pas trop de pression, ça viendra tout seul avec le temps !
    C’est très très dur ce moment, cet arrachement quasi viscéral, très violent (j’ai pleuré de nombreuses nuits les premiers jours où j’ai du confier mon lapin à la crèche, c’était atroce) mais on s’en sort (même si, moi, je détestais les gens qui me disaient ça, je leur répondais “mais je ne VEUX PAS m’en sortiiiiiir, je l’aiiiiiimeeeeee 😉
    Courage !

  5. Très beau message!!! Je m’y reconnais tellement 🙂 c’est parfaitement normal, pour me rassurer je me dis qu’on n’est pas obligées d’y aller d’un coup, on peut faire ça en douceur, faire quelques activités par-ci par-là, mais c’est important de se forcer un peu… pour leur montrer l’exemple à nos petits bouts, en tout cas pour me donner du courage je me dis que quand je fais un truc pour moi, je le fais pour lui, parce qu’on a toutes besoin de reprendre un peu d’énergie de temps en temps, même si on refuse de l’admettre. On n’est pas des mamans démissionnaires parce qu’on pense un tout petit peu à nous parfois! Et nos loulous comprennent tout, donc je pense qu’il faut essayer de faire passer ces moments où ils sont sans nous comme quelque chose de normal, pas d’angoissant, et quand on les retrouve de toute façon on les couvre de bisous et on les chouchoute à fond!!!

    • Oui carrément ! Mais c’est vrai que j’ai vraiment tendance à m’oublier, sans m’en rendre vraiment compte… Mais comme tu dis, c’est très important de penser à soi, parce que penser à nous, c’est aussi se ressourcer, être plus détendue, plus disponible pour eux…

  6. Ton article me parle beaucoup, énormément même, puisque j’ai publié il y a 2 jours un article très similaire au tien http://bit.ly/1d2WLCN (alors que je découvre seulement le tien, c’est drôle!)

    Et je dois dire que ça me rassure de voir que je ne suis pas seule à réagir ainsi, à me perdre MOI au profit de la nouvelle maman que je suis. Tu remarqueras qu’on emploie toutes les deux le terme des miettes, c’est dire à quel point on est accrochées à nos petits.

    Comment s’est passée la séparation ? (je suppose que c’est déjà passé puisque tu as publié il y a presque 3 semaines) 3 jours ça me semblerait interminable. Pour le moment je m’en sens incapable. Même une seule nuit, ça n’est pas négociable!

    • Ça a été comme sur des roulettes pour Hibou ! Un peu plus dur pour moi, mais c’est normal ! Et je suis contente d’avoir vécu cette séparation avant la séparation de la maternité, 4 jours loin de mon Hibou, à découvrir et à apprivoiser un autre bébé, mon autre bébé, cet inconnu ! Il m’a vraiment manqué pendant l’accouchement, j’ai très souvent pensé à lui… L’avantage de la séparation, c’est quand même les retrouvailles, qui sont vraiment délicieuses à chaque fois ! <3

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