Un jour, j'ai signé un CDI dans une grosse boîte. J'avais la boule dans le ventre, un mélange d'excitation et de peur à l'idée de commencer ce nouveau travail. Je connaissais vaguement l'entreprise, surtout de nom à vrai dire. Pas mal de gens m'avaient dit tout et son contraire, de "Tu verras, c'est l'éclate !" à "C'est que du bonheur" en passant par "N'y vas pas, y a des tempêtes et des nauffrages…" (Oui je suis aussi mélomane, et alors ?) Ah ! Si j'avais su !

Bref, un jour, je me suis lancée à coeur perdu dans l'inconnu. Et franchement, au début, j'étais ravie. J'ai mis un peu de temps à trouver mes marques, il y avait énormément de boulot, et je devais toujours jongler entre des dossiers différents, mais tout aussi urgents les uns que les autres. C'était une gymnastique difficile, mais après quelques semaines d'adaptation, je retirai une grande satisfaction personnelle d'arriver à tout gérer, à peu près comme je le voulais. Tout est une question d'organisation !

Par contre, on parlera pas de la paie, plus que merdique. Certes, j'avais des avantages en nature non négligeables, mais enfin, c'est pas ça qui fait bouillir la marmite comme dirait l'autre. Mais qu'importe, je prenais sur moi en me disant, "j'investis pour l'avenir", "j'apprends", "je donne en attendant de recevoir" et autres phrases du style, les phrases qu'on se dit tous à chaque nouvelle expérience sous payée, n'est-ce pas ?

Franchement, j'ai adoré ce job. A peu près autant que je l'ai haï. Oui, parce qu'évidemment, tout n'est jamais tout rose. Le hic là, c'était le stress, l'urgence, la fatigue. On travaillait tout le temps à flux tendu. Zéro visibilité à moyen ou long terme. Le boss était quelqu'un de très exigeant. Je ne me suis pas aperçue tout de suite que ses demandes devenaient de plus en plus prenantes. Je devais lui apporter à manger. Mais pas aux heures de déjeuner. Non, je devais lui apporter quelle que soit l'heure, sur-le-champ, à chaque fois qu'il avait faim. Je devais aussi ranger son espace de travail, à peu près 20 fois par jour. Il me sollicitait même la nuit. J'étais tellement prise dans ce tourbillon de suractivité que je n'avais même pas le temps de me dire qu'il en demandait trop, que c'était presque inhumain. Fatigue était devenu mon deuxième nom, mon bureau ma maison.

Un jour, mon boss a pris un associé. Un peu plus jeune que lui, mais du même acabit. Lui aussi, je devais m'occuper de ses repas. De son bureau. De ses vêtements. De ses bobos (oui, oui tu as bien lu). Une vraie assistante personnelle. Je gérais TOUT, jour ET nuit. Si encore ils avaient daigné anticiper un tant soit peu leurs besoins… mais non. C'était toujours au dernier moment, dans l'urgence et jamais en même temps. Le premier me réclamait son repas en vociférant "J'AI FAIM !!" et à peine avais-je fini, que je devais aller chercher le costume propre de l'autre et l'aider à s'habiller. Le plus dur, c'est que je n'avais jamais droit à un "merci", comme si tout cela était normal. De vrais tyrans.

Mais ce travail avait aussi de bons côtés. Comme je le disais, je voyais ça comme un investissement, un pari sur l'avenir. Après tout, personne ne m'avait mis un fusil sur la tempe en me disant "Signe ce contrat de travail !"… Bon peut-être que si on m'avait raconté tout ce qui allait se passer, j'aurais réfléchi à deux fois… mais tu sais comment c'est : on a beau te prévenir, tant que tu n'as pas essayé par toi-même hein !

Oh, je te vois, là-bas, à secouer la tête en te demandant "Pourquoi, mais pourquoi a-t-elle accepté tout ça, et pour une paie inexistante en plus ?" En fait, c'est très simple…

Déjà, je ne savais pas ce qui m'attendait AVANT de signer. Et une fois que je me suis engagée, il n'y avait pas de retour en arrière possible, et de toutes façons, je ne l'aurais accepté pour rien au monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que mes deux boss-tyrans… sont juste mes enfants ! 😉

HAHAHAHA !!! Je t'ai bien eu(e) hein ? Oui, ben tu avoueras en relisant l'article que ce que je raconte n'est pas faux ! Allez, à bientôt !

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15 Comments on Mon boss est un tyran

  1. Génial 😉
    Tu as failli m’avoir. J’ai commencé à me poser la question au 4ème paragraphe (il me semblait que tu étais dans les RP donc je me suis dit bizarre cette histoire de lui apporter à manger mais c’est peut-être une métaphore) et ai compris au 5ème paragraphe en lisant “Le premier me réclamait son repas en vociférant “J’AI FAIM !!” et à peine avais-je fini, que je devais aller chercher le costume propre de l’autre et l’aider à s’habiller.”
    Tellement bien vu 🙂

  2. Alors sur ce coup ! Et pourtant vers la fin je me suis dis “ben en gros c’est la préparer à avoir des enfants”….Par contre pour les merci et la paye, j’irais me plaindre au grand patron de la firme ! un petit restaurant ou une garde partager le temps d’une heure de baignoire n’est pas à proscrire ^^. Je sais bien que le grand patron a beaucoup à faire mais hein ! qui ne tente rien n’a rien, demande un statu “employé google” ;).
    En tout cas j’ai signé le même CDI que toi (enfin un patron en moins je l’admet) et je dois t’avouer que ce job est loin d’être facile mais il apporte, comme tu l’as souligné, une énorme satisfaction personnelle ^^

  3. Ahahahah u m’as bien eu et tu m’as bien fait sourire..nous sommes les pauvres employés esclave de nos bambins…et comme dirait l’autre on a signé c’est pour en chier loool

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