N'était-ce pas hier que je posais les yeux sur toi pour la première fois ?

N'était-ce pas hier que je sentais ta peau, si fine, encore mouillée, presque granuleuse des premières secondes de vie, contre mon sein ?

N'était-ce pas hier que mes yeux s'emplissaient de larmes en entendant ton premier cri ?

N'était-ce pas hier que je t'installais avec mille précautions dans une multitude d'écharpes chamarrées, pour t'avoir toujours près de mon coeur ?

N'était-ce pas hier que, les yeux boursouflés de sommeil et de bonheur, je changeais ta couche au milieu de la nuit, vite, vite, pour ne pas que tu aies froid, pour ne pas que tu te réveilles "pour de vrai" ?

N'était-ce pas hier que je me plaignais de ces seins lourds et tendus, trois fois plus gros que ta petite, si petite, tête ?

N'était-ce pas hier que mes entrailles se nouaient au moindre petit cri d'alerte ?

N'était-ce pas hier que mon coeur était près à exploser en te voyant téter dans le vide pendant ton sommeil ?

N'était-ce pas hier que je riais doucement à la vue de ce petit duvet sur l'arête de tes oreilles et au creux de ta fossette en bas du dos ?

N'était-ce pas hier que je posais la main sur toi, main qui te recouvrait presque en entier, en me disant "grave ce moment dans ta mémoire, demain, il aura déjà tellement grandi" ?

N'était-ce pas hier que nous passions nos nuits blottis l'un contre l'autre, toi à téter, moi à t'admirer ?

Mon coeur me crie que c'était hier, pourtant…

 

 

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