NON.

Tout ce que j’ai envie de dire depuis 6 jours, c’est NON. Comme un enfant, qui ne comprend pas qu’il n’a pas le choix, et qui dit « Non ».

Non je veux pas.

Non c’est pas possible.

Non, non et non.

Les mots restent coincés, là, dans ma gorge, où l’air peut à peine passer. Je voudrais écrire, je voudrais me souvenir. Mais se souvenir, c’est admettre qu’on peut oublier, c’est admettre que tu es parti, que tu n’es plus là.

J’aimerais respirer à pleins poumons, sentir l’air frais circuler dans mon corps, rire et me dire que tu es bien là où tu es, mais je n’y arrive pas. Où pourrais-tu être mieux qu’avec les tiens ?

Je voudrais crier, hurler, frapper. Je voudrais avoir quelqu’un à qui m’en prendre, quelqu’un à qui demander des comptes. Mais il n’y a personne.

Nathan.

Nathan-qui-veut-des-frites comme t’appellent mes fils, en signant avec les mains. Tu es parti.

Il y a des personnes que tu peux côtoyer des années, voir souvent, et oublier une fois qu’elles ont passé le coin de la rue. Et il y a des personnes que tu peux ne voir qu’une fois et garder dans ton cœur à tout jamais.

Nathan-qui-veut-des-frites, je n’ai eu besoin que d’une fois pour savoir qu’on vibrait à la même fréquence. Ça ne s’explique pas, c’est comme ça.

Nathan, c’est toi qui m’as montré, qui m’as appris. J’ai vu ce lien unique qui te liait à ta Maman, et je n’ai pas de mots pour exprimer ce que j’ai ressenti en vous voyant tous les deux ce jour-là.

Je t’admire tellement Nathan.

Tes yeux facétieux, ton sourire mille dents, tes doigts agiles, tes cheveux en bataille, tes lunettes et tes habits de laine. Un cœur pur, un enfant, un sage.

Nathan, tu as fait de Betty et Florian des parents, et quels parents ! Nathan, ton prénom signifie cadeau. Et quel cadeau… Nathan, je suis si triste aujourd’hui, et pourtant si reconnaissante d’avoir croisé ta route.

Ne me demande pas de te dire au revoir, j’en suis incapable. Par contre, je te dis merci. Merci d’avoir mis de la lumière dans nos vies.

Où que tu sois, veille bien sur ta Maman, ton Papa et tes sœurs.

 

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2 Comments on Non

  1. Pas de mots face à ce départ si triste… quel bel hommage tu lui , tu leur, rends là Delphine. Puisse le temps rendre votre peine à tous plus supportable…

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