visuel parcours prematurite

En l'occurrence, j'ai eu la chance que ça ne m'arrive pas à moi. Enfin, plutôt à Hibou. De quoi je parle ? De naître prématurément, n'en déplaise à ma mère, qui croit qu'arriver avec 2 semaines d'avance fait de lui un enfant arrivé un peu trop tôt.

Alors, remettons les choses au clair. A partir de 37 semaines d'aménorrhée, le terme est atteint. Que tu accouches à 37 SA+1 ou 41 SA, c'est (presque) pareil. Ton enfant n'est pas préma. En revanche, ceux qui sont pressés de découvrir le monde et qui naissent avant ce terme sont dits prématurés. Il y a les prémas, les grands prémas et les très grands prémas. N'ayant pas vécu ce cas de figure, c'est assez difficile d'en parler mais j'imagine que quel que soit le terme, s'il advient avant le "vrai" terme justement, l'inquiétude doit être la même, immense, omniprésente, étouffante.

Je n'ai même jamais eu de "menaces" d'accouchement prématuré (contractions, complications, maladie…) et n'y ai donc jamais vraiment pensé. D'ailleurs, avant d'arriver à 37 semaines, je ne savais même pas qu'on était "censée" accoucher entre 37 et 41 SA. Je croyais avoir 4 semaines devant moi, tranquille, quand la sage-femme m'a dit "Bon, ben ça y est, vous êtes à terme. Vous pouvez accoucher demain, c'est OK. Le reste c'est du plus. C'est bien, mais c'est pas indispensable, vital". J'ai failli tomber de ma chaise. Alors je n'ose même pas penser à toutes ces femmes (et ces hommes) qui accouchent sans que ce soit "prévu", sans être "prêts".

Hibou a eu quelques soucis à la naissance, il a fait un détour par la case "réa". Encore aujourd'hui, à la veille de son premier anniversaire, je ne peux pas y repenser sans avoir une boule dans la gorge et les larmes aux yeux. Je ne peux donc qu'imaginer l'angoisse et la détresse des familles de bébés nés trop tôt. Les parents d'enfants nés prématurément et les bébés prémas eux-mêmes sont des modèles de courage et de combativité. On l'oublie, ou plutôt, on ignore que la prématurité concerne tout de même 7 naissances sur 100, ce qui reste un chiffre conséquent.

Je n'ai pas envie de vous faire flipper hein, juste de vous sensibiliser un peu plus. Ma poisse légendaire m'a empêchée d'assister à la table ronde organisée la semaine passée par le site Bébé Préma et le magazine Paroles de Mamans. Mais comme hier, c'était la journée mondiale de la prématurité (je sais, je suis à la bourre !), je me suis dit que j'allais apporter ma pierre à l'édifice. Outils pratiques, témoignages, avis d'experts ou encore informations sur le parcours de vie des prémas et de leurs parents, Bébé Préma regorge d'infos, aussi bien pour les parents déjà concernés que pour ceux souhaitant se parer à cette éventualité.

Comme tout ce qui fait peur, ce qui est menaçant et désagréable, on a tendance à penser que ça n'arrive qu'aux autres. Et ben non, ça n'arrive pas qu'aux autres ! Et même si je souhaite que ça ne vous arrive jamais, j'ai aussi à coeur de dire que ça existe, que personne n'est à l'abri et que vous trouverez une foule de renseignements ici.

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4 Comments on Ça n’arrive pas qu’aux autres

  1. Ce qui est le plus dur, j’ai trouvé, c’est la façon de parler de tout ça par le personnel médical, enfin surtout par les médecins, car les sages-femmes sont plus dans l’écoute. J’ai été arrétée à 31 SA pour risque d’accouchement prématuré (col raccourci) et direct hospitalisée après ma dernière écho alors que tout allait bien jusque là. On m’a imposé un traitement, des piqures, des produits pour les poumons du bébé (qui m’a refilé des contractions horribles, d’ailleurs, alors que je n’en avais pas eu jusque là…), on a joué avec mes nerfs sans me dire au bout de combien de temps je pourrais rentrer chez moi : j’ai passé trois jours en pleurs toute seule dans une chambre d’hôpital avec la trouille de ma vie et des visites de médecins culpabilisants, comme si j’étais là par ma faute…
    Une fois à la maison, après deux jours atroces où je me suis dit que j’en voulais à mon bébé de me mettre dans cette mouise, où j’ai eu peur de ne plus réussir à l’aimer autant qu’avant… peu à peu, j’ai repris pied, confiance, à la fois grâce au soutien de mon homme et d’une super sage femme qui venait me voir et faire un monito une fois par semaine et surtout qui me parlait, m’écoutait et me rassurait.
    J’ai tout de meme accouché à 35SA+5j. Un accouchement génial, rapide, un bébé en pleine forme, même pas particulièrement petit…. Tout ça pour ça…
    Bref, ce qui pèche beaucoup dans tout ça c’est l’accompagnement psychologique. Avoir quelqu’un à qui parler de notre peur, de notre angoisse, des menaces qui nous tombent dessus alors qu’on se sentait invincible et super-future-maman. Surtout quand c’est le premier.

    • Je suis bien d’accord avec toi pour ce qui est de l’accompagnement. Par chance, mon fils est né à terme. Mais quand à 33SA j’ai été hospitalisée pour MAP, l’équipe a été super. Je leur ai demandé de me dire clairement ce qui se passerait pour mon fils si il devait arriver dans les jours qu’ils viennent et elles m’ont expliquées toutes les conséquences possibles pour lui. En me rassurant bien sûre mais elles ont été franches et à l’écoute. J’avais besoin d’anticiper, de me préparer au cas où, et elles l’ont compris. Du coup je me sentais en sécurité. J’avais peur de le voir naître si petit mais j’étais en confiance du coup ça a allégé notre angoisse.

      • Oh ben c’est super d’avoir un retour positif ! Enfin si on peut dire hein ! Mais de voir que tu as été écoutée et prise en charge, c’est rassurant je trouve. Tu as eu du courage de demander et de vouloir te préparer, ce ne doit pas être évident de ne pas céder à la panique, même si on veut toujours le meilleur pour son enfant, l’inquiétude n’aide pas forcément à bien anticiper !

    • Oh ma pauvre !! Je ne peux qu’être d’accord avec toi sur l’accompagnement psy. Je ne dis pas que ça devrait être obligatoire (ayant accouché en étant répertoriée comme dépressive, j’ai eu droit à la visite de la psy en suite de couches, une vraie blague !!) mais les maternité pourraient quand même savoir depuis el temps que les mamans sont des êtres FRAGILES !! Ça me gonfle de voir comme tout est traité avec distance et froideur alors que chaque Maman joue sa vie quoi ! Comme toujours, cela dépend grandement des équipes mais je suis particulièrement échaudée en ce moment car je suis tombée sur une follasse lundi dernier à la mater justement… Il y a zéro accompagnement et effectivement, je trouve que ça craint !

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