Je ne sais pas pourquoi je suis autant affectée,  pourquoi la tristesse et la peur ne me quittent plus. Moi qui me suis toujours défendue de céder à la panique, moi qui me vois comme une éternelle optimiste. 

Ce soir, mon coeur est lourd. Je suis abattue. J'ai l'impression qu'on m'a volée. Oui, ils m'ont pris ma joie de vivre, mon insouciance, ma légèreté. L'envie d'après Charlie, ce sursaut de résistance, cette soif de se battre, n'est plus là. 

Mais je ne peux pas, je ne veux pas me résoudre à baisser les bras. A terre, oui, sous terre, pas encore. Je veux relever la tête, je veux me relever toute entière. Je veux rire, je veux aimer, je veux vivre.

Alors, je me pose et je couche ici quelques idées qui réchaufferont mon coeur meurtri. Des choses que j'aime et qui me font aimer la vie. Coûte que coûte, vaille que vaille. 

Marcher pieds nus dans l'herbe.
Ecouter le bruit de la pluie sur le toit de ma voiture.
Sentir le soleil d'été sur ma peau.
Frissonner au rythme du bruit du vent dans les peupliers.
Se brûler les doigts et la langue en mangeant les gâteaux qui sortent du four.
Faire glisser mes doigts dans les longs cheveux si doux d'Oscar. 
Ecouter l'ouverture de la Flûte Enchantée de Mozart. Pour la 26849987e fois.
Regarder Forest Gump. Encore.
Boire un coca zero glacé dans mon bain moussant.
Ecouter les vagues naître et mourir sur la plage.
Regarder le soleil rougeoyer quand il se lève, annonce d'une nouvelle journée pleine de promesses.
Savourer un Nesquik brûlant quand il pleut dehors et que j'ai froid aux pieds.
Tenir la main de Gustave qui s'abandonne pendant une tétée. 
Plonger mes yeux dans ceux de l'homme que j'aime et croire que tout ira bien.

Oui, croire que tout ira bien.

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5 Comments on Se souvenir des belles choses

  1. Aujourd’hui je me sens un peu moins “lourde” (tu sais le poids de la tristesse) qu’hier mais j’ai l’impression que l’insouciance ne reviendra pas et je m’en veux quand j’entends une chanson gaie et que je chante…

  2. tu as raison, faire de telles listes, c’est salvateur… Se consacrer pleinement au bonheur de nos zouzous, les voir rigoler pour une bétise ou demander qu’on leur fasse des guilis pour la 452158eme fois d’affilée ;), ça aussi, ça aide à se libérer de nos angoisses.
    Ce matin, pour aller bosser, j’ai du passer à coté du Bataclan, mon bureau est juste à coté. Je me suis retrouvée coincée, les larmes aux yeux au milieu des petites bougies, des bouquets et… des camions de télé. Et je me suis dit qu’il y avait quelque chose qui ne tournait vraiment pas rond dans ce monde de fous…

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