Il y a tant de gens qui te regardent et voient un enfant capricieux.

Il y a tant de gens qui te regardent et voient un enfant qui fait son bébé.

Il y a tant de gens qui et regardent et voient un enfant qui excelle dans l’art de faire du cinéma.

Il y a tant de gens qui se fient aux apparences.

Mais ils ne savent pas. Il y a tant de gens qui ne te comprennent pas, qui passent à côté. A côté de ta fatigue, à côté de ta tristesse, à côté de ton attachement, tes marottes, tes manies. A côté de qui tu es.

Même moi, parfois, je suis lasse et agacée.

Mais moi je sais. Je te comprends.

Souvent j’ai l’impression de tout faire de travers, mais je sais que d’avoir une personne sur terre qui vous comprend et cous protège, ça vaut tout l’or du monde. Ça rend fort, ça rassure, ça ouvre le champ des possibles.

Je sais qui tu es. Je sais à quel point tes émotions te bouleversent, te dévastent. Je sais que tu aimerais, mais que tu ne peux pas.

Je sais que tu te sens différent, parfois inapte. Je sais que tu portes un lourd fardeau. Je sais que ce fardeau pèse plus lourd, quand il y a ces gens qui considèrent que c’est toi, le fardeau.

Je ne suis pas magicienne, et je n’ai pas la potion pour te guérir et te rendre comme tout le monde, quand bien même ce serait ton vœu le plus cher. Mais je te promets d’être là, chaque jour, tous les jours. De me dresser devant ces yeux qui regardent mais ne voient pas, de mettre la main sur les bouches qui parlent sans savoir, de t’entourer de mes bras et te protéger de mes ailes jusqu’à mon dernier soupir.

Je ne sais pas grand-chose, ni même si je fais bien. Mais je sais qui tu es et plus important encore : je t’aime.

Toi l’hypersensible, toi qui ne veux rien jeter et qui s’amourache d’un bout de papier, toi qui aimes être bercé, suspendu, porté. Toi qui as besoin de tout toucher, tout le temps. Toi qui cherches le contact de ma peau, aujourd’hui encore. Toi pour qui tout va trop vite alors que ton esprit est bien plus pointu que la moyenne, toi qui te sens en perpétuel décalage, toi qui aimerais ressentir moins vite, moins fort mais qui ne peux pas.

Je t’aime toi, et je serai toujours là.

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4 Comments on Tant de gens

  1. J’aurai pu écrire mot pour mot ce message à mon hypersensible de fils
    C’est souvent difficile mais c’est tellement fort ce lien d’hypersensible à hypersensible, de se savoir connectée malgré l’adolescence, malgré les conflits parentaux.
    Je ne connais pas l’avenir, lui non plus, mais on sait que ce lien restera toujours présent peu importe la distance et les séparations nécessaires ….

  2. Très joli texte Delphine qui décrit parfaitement les émotions de nos hypersensibles et de nous mamans. Merci d’avoir su les décrire. A quand un livre, récit?

  3. merci pour ce message!
    Je n’ai pas d’enfant hypersensible mais je l’étais moi-même à une époque encore moins tolérante et où les enfants n’avaient pas leur mot à dire.
    Ma maman a fait un travail incroyable pour me protéger et me respecter mais avec les réflexions de mes proches (oncle/ tante/ grand-parents, profs, amis, etc), je me suis toujours sentie différente, sans comprendre pourquoi. J’ai mis longtemps à comprendre… très longtemps.
    Au delà de la normalité, c’est tellement important de realiser que cette hypersensibilité, même difficile à vivre, est une richesse, un vrai trésor!
    Tournez-là de la manière la plus positive qu’il soit pour vos enfants, ce n’est pas une mauvaise chose et j’aurais tant aimé (et ça m’aurais beaucoup servi) qu’on me le présente comme ça étant enfant!
    Merci pour votre texte de Super-Maman à l’ecoute ;)!

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